Va-t-on vers une augmentation des taux européens? - Forex Forum

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goldfing
post Oct 7 2005, 10:45
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Message #1

"La BCE insiste sur l'inflation, vise une croissance moindre"

Je viens de lire cet article en plus de divers prévisions économiques.

Rien d'étonnant, les faits sont là et alimentent au quotidien les dépêches.

En accéléré, le document ci-joint décrit la position de la BCE sur les taux d'intéret. Reste alors le taux de change qui n'est pas traité dans l'article mais qui nous interesse. D'habitude la BCE intervient sur les taux de change pour assurer là aussi une certaine stabilité. Aujourd'hui, on peut penser que comme pour le taux d'interet, la BCE n'a pas de raison d'intervenir sur les taux de change étant donné que le pétrole se négocie en $. Elle interviendra pour lisser sur le court terme les variations sur le marché des devises par le biais des banques nationales pour ne pas 'pénaliser' les entreprises.

"Tout le monde à l'air heureux."

Du côté des pays producteurs, on pourrait penser que cela cause certaines inquiétudes mais à mon sens qui dit pays producteurs dit aussi multi nationales des pays producteurs. Quand on regarde les multi nationales pétrolières des pays producteurs, elles réalisent des bénéfices excellents qui ont de quoi satisfaire quelques grands dirigeants/patron/ex-patrons de ce monde.


On croirait une situation bien tendue de l'économie mondiale mais en fait on est dans un scénario idéal en ce moment pour tous y compris pour les traders. Pas de quoi s'affoler dans l'immédiat. D'ailleurs, cela n'affole pas Villepin qui continue de lancer son programme de grands projets industriels pour une "grande" France. Rien n'a changé dans ses plans il a juste embelli son message de grands projets en rajoutant le secteur des énergies renouvelables. Cependant, l'inflation menace comme le montre ce post. A ce sujet, c'est bien 'joli' les grands projets industriels français vers lesquels on injecte d'abondantes ressources financières mais on oublie que l'innovation se trouve aussi dans d'autres entreprises plus petites voire même inexistantes à l'heure actuelle et que ne pas aller vers elles nous amputent de belles perspectives. C'est un peu l'histoire de ce super phoenix qui est très couteux et qui n'a rien sorti en cash alors qu'un infime pourcentage des fonds versés à ce projet aurait bien mieux profité à des petites PME's/PMI's. On oublie trop souvent que les PME's/PMI's représentent 99% de nos sociétés en France. C'est dans les 99% que se trouvent le plus grand potentiel en termes d'innovation, de croissance et d'emploi. On se doit de les faire émerger et de les faire se développer au lieu d'essayer de faire développer des industries déjà bien importantes par leur taille et leur chiffre d'affaires.
D'ailleurs, elles peuvent voler de leurs propres ailes n'est ce pas airbus?

On voit aussi souvent dans les journaux la pression et les demandes répétées sur les pays du moyen orient du style:

"Investissez!" "Produisez plus les cocos, sortez nous plus de barils. Augmentez vos capacités de production!" C'est une stratégie pour faire croire que l'on compatit avec eux et que l'on est sur la même longueur d'onde qu'eux. En effet, on sait pertinament que les capacités de production ne se changent pas du jour au lendemain. C'est planifié et pas du tout flexible donc rien ne sert d'ajouter une pression quotidienne. On compatit car les pays du moyen orient recoivent des dollars pour la vente de leur pétrole mais les pays du moyen orient paient leurs biens d'équipement en euro. Ils dépensent beaucoup plus en euro et ne profitent pas beaucoup de la situation mis à part, là encore, les grands patrons/dirigeants via leurs multi nationales pétrolières.

J'ai un problème pour les nommer ces hommes multi casquettes.

Noir l'or pas jaune:
Vous avez peut être vu les chinois qui essaient d'acquérir des sociétés pétrolières américaines. Pourquoi on leur refuse dans cette économie de marché la possibilité d'acheter ces compagnies?
Tout simplement car c'est juteux donc stratégique et non l'inverse.






Le taux de change est un taux flottant: Le cours de l'euro fluctue en fonction des conditions du marché. C'est un élément clé de la politique monétaire car il permet à l'économie de s'ajuster aux chocs. Cependant, aucun niveau de l'euro vis à vis desautres monnaies n'est visé. C'est le marché qui détermine ce niveau.

Le cours de l'euro est déterminé par les forces économiques fondamentales telles que l'évolution du taux d'inflation et des taux d'intérêt que l'on vient de citer, qui dépendent de la conduite de la politique monétaire, par le rythme d'expansion de l'activité intérieure et par la compétitivité des biens produits au pays.

L'inflation sera l'indicateur des prochains jours à surveiller sur le forex.



"jeudi 01 septembre 2005 (Reuters - 21:58)"


par Krista Hughes

"FRANCFORT - Dans un contexte de flambée de l'or noir, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet s'est fait plus insistant sur le danger inflationniste, même si le statu quo monétaire a une nouvelle fois été observé par la BCE.

La révision à la baisse des prévisions de croissance des services de la banque centrale des Douze a par ailleurs provoqué une hausse du marché obligataire et une chute des rendements obligataires : les marchés pensent que la BCE y regardera à deux fois avant de relever les taux.

La flambée des cours pétroliers place la BCE entre deux feux, soulignent les analystes. Il n'y a pas de solution simpliste au double problème d'une croissance en ralentissement et d'une inflation à la hausse, si ce n'est de convaincre les marchés que la situation est maîtrisée.

"Le message principal est que le discours est dur mais qu'on agira pragmatiquement", explique Jonathan Hoffman, économiste à la Royal Bank of Scotland.

Le taux de croissance de la zone euro est anticipé en moyenne à 1,3% cette année et 1,8% en 2006 contre 1,4 et 2,0% précédemment. En revanche, les prévisions d'inflation ont été revues en hausse. Le taux d'inflation projeté est en moyenne de 2,2% en 2005 et de 1,9% en 2006 contre 2,0 et 1,5%.

"Il y a eu une révision à la baisse surprise des projections des services de la BCE sur la croissance. C'est donc une surprise pour le marché, ce qui a fait monter les cours des obligations, notamment du Schatz. Nous pensons que la courbe des taux va se pentifier dans la zone euro", commente Bob Maes, spécialiste obligataire chez KBC.

Le rendement du Bund à dix ans a pour sa part touché un plus bas record de 3,07%.

Trichet estime qu'une vigilance accrue s'impose parce que la montée des prix pétroliers à un niveau sans précédent risque d'entraîner une renchérissement des biens et services dans la zone euro.

"Nous avons conclu que la politique monétaire reste adaptée compte tenu des perspectives d'inflation à moyen terme", a déclaré Trichet, lors de la conférence de presse mensuelle de la BCE. "Toutefois, le Conseil des Gouverneurs continue de surveiller l'évolution des anticipations inflationnistes de très près, au vu, au premier chef, des risques secondaires attachés à la hausse des prix pétroliers", a ajouté le patron de la BCE.

VOLONTARISTE

Trichet s'est montré plus circonspect vis-à-vis des perspectives de croissance des Douze, anticipant une amélioration au second semestre, tout en observant que la cherté du pétrole affectait la confiance et la demande.

"Les indicateurs économiques les plus récents appuient le sentiment que la croissance économique pourrait s'améliorer au second semestre 2005, alors même que la hausse des prix pétroliers continue de peser sur la demande et la confiance", a-t-il expliqué.

De fait, les signaux économiques de la zone euro sont mitigés. L'indice PMI manufacturier a baissé à 50,4 en août contre 50,8 en juillet, tandis que le taux de chômage a baissé à 8,6% en juillet, son niveau le plus bas depuis près de deux ans et demi.

Le statu quo monétaire n'a étonné personne. Le taux de refinancement de la BCE est de 2% depuis juin 2003. Selon une enquête Reuters effectuée la semaine dernière, il restera à ce niveau jusqu'au deuxième trimestre 2006.

Pour l'économiste Julian Callow (Barclays Capital), la fermeté de la BCE sur l'inflation et son ton moins enthousiaste sur l'inflation impliquent que l'attitude de "wait-and-see" reste plus que jamais de rigueur.

"Le risque de contraction de la croissance compense presque le risque haussier sur l'inflation; donc la BCE n'aura plus qu'à attendre pour le restant de l'année et sans doute pour une bonne partie de la prochaine", dit-il.

Holger Schmieding, économiste de la Commerzbank, souligne toutefois qu'il ne faut pas sous-estimer la volonté de la BCE de voir l'inflation ramenée en deçà du plafond de 2% qu'elle s'est elle-même fixé. "Le ton général était plus volontariste. La BCE se préoccupe plus d'inflation que de croissance. Le fait qu'elle ait dû réviser à la baisse les projections de croissance mais à la hausse celles d'inflation, n'est pas bon pour elle".

De fait, une forte croissance de la masse monétaire et la flambée des prix pétroliers doivent plus que jamais pousser la BCE à mettre l'accent sur la stabilité des prix, de l'avis de certains analystes."

Dernière édition par goldfing (04-09-2005 10:42:55)




Lien de l'ancien message:

http://www.mataf.net/forum/upload/viewtopic-id1700.htm

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goldfing
post Oct 13 2005, 9:23
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Message #2

On va certainement bien descendre mais quand le marché aura compris les gros problèmes aux US on aura certainement une belle tendance haussiere.

Ca va commencer avec une baisse de la croissance US et une hausse de l'inflation superieure aux chiffres avancés (4% aujourd'hui).

Le deficit commercial va refaire surface...

Je n'ai pas pu remettre ce post qui etait une suite du post venant de l'ancien forum au sujet de l'indicateur 'inflation'.

Quand on regarde l'or le platine, la croissance les decisions de la FED on peut qu'essayer de trouver de bons signaux pour les mois à venir.



Vendredi on aura des chiffres sur l'inflation.

Biensur il ya de l'inflation en europe mais ce n'est pas la même.

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goldfing
post Oct 13 2005, 9:33
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Message #3

En gros, pour répondre à la question des taux européens.

A mon avis: Si la croissance en europe est estimée en plus forte hausse que prévue ce qui est possible: alors on pourra envisager une hausse des taux européens. Sinon, rien ne changera.

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goldfing
post Oct 13 2005, 10:03
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Message #4

Quelques liens:

Pour la croissance:
http://www.lesechos.fr/info/rew_france/200063817.htm

Pour un état des lieux tout frais si l'on s'ennuie derriere son pc:
http://www.banque-france.fr/fr/stat_conjon...conjonc/vue.pdf

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goldfing
post Oct 14 2005, 15:10
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Message #5


Un article tiré des echos:


La rédaction web des Echos - 14 octobre 2005
International

INDICE DES PRIX - CONJONCTURE ECONOMIQUE

Etats-Unis : hausse sans précédent des prix à la consommation [ 14/10/05 - 15H11 ]


Le prix de l'essence a fait monter le rythme d'inflation à 4,7% en septembre en glissement annuel

Jamais, depuis vingt-cinq ans, les prix à la consommation n'avaient augmenté dans de telles proportions aux Etats-Unis. En septembre, a annoncé le département du Travail, l'augmentation a en effet été de 1,2% par rapport à août. Cette hausse est plus importante que la hausse de 0,9% attendue par les analystes et elle est, également, la plus élevée depuis mars 1980. En rythme annuel, l'inflation ressort à 4,7%.
Le bond des prix de l'énergie «a compté pour 90% dans la hausse des prix à la consommation en septembre», a pourtant aussitôt nuancé le ministère. De fait, l'indice de base, c'est-à-dire hors alimentation et énergie, n'a progressé que de 0,1% et se révèle, cette fois, moins élevé qu'escompté par les économistes (+0,2% en moyenne).

Après les cyclones Katrina et Rita, les Américains ont subi de plein fouet la flambée du baril de pétrole. Le prix de l'essence s'est ainsi envolé de 17,9% en septembre, la plus forte hausse depuis le bond de 12,8% en mars 1999. Par rapport à septembre 2004, la hausse ressort même à ... 54,8%. Ce n'est pas tout : le prix du gaz naturel a augmenté de 12,1% en septembre, la plus forte progression depuis mars 2003 tandis que celui du fioul de chauffage a progressé de 12,7%.

Ces chiffres, même relativisés par le gouvernement, risquent d'être lourd de conséquences sur la politique monétaire. La Réserve fédérale américaine (Fed) s'est déjà inquiétée ces derniers jours des risques inflationnistes et pourrait donc continuer à augmenter les taux. Lors de sa dernière réunion, le 20 septembre, le comité de politique monétaire de la Fed avait relevé le taux directeur d'un quart de point à 3,75%. La prochaine réunion de la Fed est prévue le 1er novembre.

Alan Greenspan et ses pairs devront alors également prendre en compte l'impact de la hausse du prix du pétrole sur la croissance économique. L'économie américaine a détruit des emplois en septembre pour la première fois depuis mai 2003, a annoncé la semaine dernière le gouvernement. Aujourd'hui, la Fed a indiqué que la production industrielle avait chuté de 1,3% le mois dernier. Jamais, depuis janvier 1982, la baisse n'avait été aussi prononcée. Ce recul, bien plus prononcé que le repli de 0,3% prévu par les analystes, est en grande partie imputable à l'effondrement de la production de pétrole et de gaz après le passage des cyclones.

La tendance est heureusement un peu meilleure côté consommation. Les ventes de détail aux Etats-Unis ont rebondi en septembre sur un mois de 0,2%. La hausse des ventes d'essence est venue compenser le repli des ventes dans l'automobile, a expliqué le département du Commerce. Hors secteur automobile, les ventes de détail ont ainsi progressé de 1,1%. Les analystes s'attendaient à une hausse de 0,5% des ventes de détail dans l'ensemble et à une progression de 0,8% hors automobiles.

Dans l'ensemble, les experts ne se disent pourtant pas trop catastrophés. Ils s'attendent à une amélioration des statistiques dès la fin de cette année et mettent plutôt en avant la résistance - qualifiée par certains d'«exceptionnelle» - de l'économie américaine. Krach boursier en 1987, du crédit au début des années 1990, éclatement de la bulle Internet en 2000, attentats terroristes en 2001, flambée des cours pétroliers en 2005... Il faut reconnaître que les Etats-Unis n'ont pas été épargnés...
Tous droits réservés - Les Echos 2005

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goldfing
post Oct 17 2005, 9:41
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Message #6


Réévaluation du Yuan, prix des matieres premieres étaient à l'ordre du jour du G20 le week end dernier en Chine.

Les craintes des ministres des finances portaient sur un ralentissement de la croissance mondiale.

Il y a de gros problemes structurels au niveau mondial sur lesquels les ministres ont discuté.

Le patron de la BCE a déclaré pendant le sommet du G20 que les taux européens "sont encore appropriés".

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goldfing
post Oct 17 2005, 10:12
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Message #7




http://www.cambiste.info/sdmpage/monnaie/infl10.php

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gil75
post Oct 17 2005, 17:58
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CITATION(goldfing @ Oct 13 2005, 9:33)
En gros, pour répondre à la question des taux européens.

A mon avis: Si la croissance en europe est estimée en plus forte hausse que prévue ce qui est possible: alors on pourra envisager une hausse des taux européens. Sinon, rien ne changera.
[snapback]940[/snapback]

t'es un super economiste toi
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goldfing
post Oct 18 2005, 8:20
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Message #9


CITATION(gil75 @ Oct 17 2005, 17:58)
t'es un super economiste toi
[snapback]1083[/snapback]




C'est la position de Trichet telle que je la comprends.
Pour le moment, il ne fera rien.
Il a étudié la possibilité d'élever les taux mais prone toujours pour le 2%.

Par contre, il a expliqué pourquoi on reste à 2% et a indiqué la croissance comme signal pour augmenter son taux.

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goldfing
post Oct 18 2005, 8:44
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Message #10


Idées: Un autre point de vue différent de cette file ....

Le faux retour de l'inflation

L'ANALYSE DE JEAN-MARC VITTORI


Au bord d'un célèbre lac écossais, les meilleurs observateurs ont ressorti leurs jumelles. Ils passent de longues heures à scruter la surface de l'eau. Le démon surgit-il à nouveau, pour la première fois depuis plus de deux décennies ? Des éclaboussures pourraient le faire croire. Mais les plus grands dragonologues sont divisés. Certains d'entre eux sont persuadés que le serpent terrible est mort. D'autres ne jurent que par son aîné, invisible depuis trois quarts de siècle mais qui se cacherait derrière son petit frère pour revenir dévaster les terres environnantes.


Cela pourrait relever du seul fait divers. En réalité, l'économie mondiale tout entière vit sous cette menace. Car le grand lac, c'est elle. Et le monstre invisible porte un nom bien connu : Inflation. Il est particulièrement redouté dans cette terre d'Ecosse où sont nés le fondateur de la science économique, Adam Smith, et le puissant fonds des « veuves écossaises». Au-delà, il menace l'ensemble des pays développés. A l'exception notable du Japon, qui sort à peine des griffes du grand frère Déflation.


Aujourd'hui, c'est le dragon Inflation qui est à la une. Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont progressé de 4,7 % en un an, selon les chiffres de septembre publiés vendredi dernier. C'est la plus forte hausse enregistrée depuis quinze ans. En Europe, les prix sont sur une pente de 2,5 % dans les pays de la monnaie unique. Les geôliers du monstre que sont les banquiers centraux s'inquiètent. Le 6 octobre, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a employé à onze reprises l'expression « strong vigilance » (« forte vigilance ») au cours de la conférence de presse qui suivit le Conseil des gouverneurs. Lors de leur réunion du 20 septembre, plusieurs gouverneurs de la Réserve fédérale américaine ont affirmé que les effets de l'ouragan Katrina pourraient venir « renforcer une pression déjà considérable sur les prix ».


A l'origine des craintes, et aussi de l'envolée des prix, il y a bien sûr la flambée du pétrole. En trois ans, le cours du baril a triplé. La hausse a accéléré depuis le début 2005 avec la poussée de la demande chinoise, les problèmes de certains pays producteurs et les ouragans américains. Beaucoup d'autres matières premières suivent le mouvement. L'or et le cuivre sont au plus haut depuis dix-sept ans, le platine depuis un quart de siècle. Or les dernières apparitions de l'hydre inflationniste, dans les années 1970 et au début des années 1980, avaient été déclenchées par les chocs pétroliers, qui ont entraîné prix et salaires dans leur élan.


Les banquiers centraux confient mezzo voce un autre motif d'inquiétude : la montée des déficits publics. Car l'inflation est la méthode la plus douce pour effacer la dette, qui n'est rien d'autre que l'accumulation des déficits passés. Le gouvernement rembourse ainsi ses créanciers en monnaie de singe. La grande poussée inflationniste des années 1970 a été précédée par l'accumulation de budgets dans le rouge aux Etats-Unis, pour cause de guerre au Vietnam. Abonnée aux déficits publics pendant des siècles, la France a aussi longtemps été une championne de l'inflation. A l'inverse, depuis que l'inflation a été vaincue dans les années 1980, l'Etat ne maîtrise plus sa dette.


Normalement, l'inflation aurait dû partir à vive allure. Seulement voilà : la mécanique ne marche plus comme avant. Pour l'instant, la hausse des prix reste cantonnée à l'énergie. Aux Etats-Unis, les prix à la consommation n'ont augmenté que de 2 % en un an quand on ôte de l'indice énergie et produits alimentaires. Dans la zone euro, l'indice correspondant n'a monté que de 1,4 %. En France, l'indice « sous-jacent » (hors tarifs publics et produits à prix volatils) a progressé de seulement 1 %. Les salaires restent modérés - trop au goût des syndicats. Les taux d'intérêt à long terme, qui constituent d'ordinaire le meilleur radar à monstre du Loch Ness, sont bas : de l'ordre de 4,5 % aux Etats-Unis et 3,3 % dans la zone euro. Tout comme les taux à court terme, pilotés par les banques centrales (3,75 % de l'autre côté de l'Atlantique, 2 % de ce côté-ci).


Cette sagesse des prix a d'abord sa racine dans la nature même de la flambée pétrolière. La hausse a été progressive : ce n'est donc pas un choc, à l'inverse de ce qui s'était passé en 1973 ou en 1979. Elle a été provoquée par une demande en forte progression et non un événement extérieur comme la guerre du Kippour en 1973 ou la destitution du shah d'Iran en 1979. Mais au-delà, rien ne se passe comme au siècle dernier. Les règles du jeu ont changé. Après la « désindexation » opérée dans les années 1980, les salaires ne suivent plus automatiquement les prix. Les banques centrales étant jugées crédibles dans la lutte contre l'inflation, les consommateurs ne se ruent pas dans les magasins pour éviter d'acheter plus cher demain (c'est le mécanisme qui déclenchait antan une spirale inflationniste). Avec l'essor des technologies de l'information et l'ouverture croissante des frontières, les acheteurs peuvent plus facilement jouer la concurrence. L'exemple le plus frappant en est sans doute les « enchères inversées », qui se multiplient sur Internet : une entreprise lance un appel d'offres et les fournisseurs du monde entier se battent pour lui vendre au prix le plus bas. Face à cette pression, les entreprises doivent, plus que par le passé, tenir les coûts salariaux, en comprimant les salaires (c'est ce qui se passe en Europe) ou en accroissant la productivité (comme les Etats-Unis jusqu'à ces derniers temps).


Aujourd'hui, il arrive qu'une hausse du prix du pétrole fasse chuter les taux d'intérêt à long terme. C'est-à-dire, en poussant la logique à son extrême, qu'un facteur traditionnel d'inflation provoque un signe classique de déflation. Après la montée de l'inflation pendant les années 1960 et 1970, puis la désinflation des deux décennies suivantes, menaçant parfois de tourner à la déflation, nous sommes entrés dans un monde nouveau. Les dragonologues n'ont pas fini de guetter les monstres.

Source: lesechos.fr
JEAN-MARC VITTORI est éditorialiste aux « Echos » jmvittori@lesechos.fr

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