La Finance Comportementale Révèle Combien Les Bourses Sont Prévisibles - Forex Forum

 
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> La Finance Comportementale Révèle Combien Les Bourses Sont Prévisibles, Etude , qui comme son nom l'indique est une étude....
rem
post Nov 13 2006, 11:52
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La finance comportementale révèle combien les Bourses sont prévisibles



RECHERCHE. Deux fondateurs de cette science qui analyse le processus de décision font le point sur leurs travaux.



Emmanuel Garessus
Lundi 13 novembre 2006


Descartes séparait l'esprit et le corps. La finance comportementale, au contraire, montre que toute décision fait intervenir la psychologie. «Ce sont nos émotions qui contrôlent comment notre cerveau fonctionne», selon Alfons Cortes, conseiller de LGT. La finance comportementale s'intéresse précisément au processus de décisions d'investissement à l'aune des neurosciences, de la psychologie et de la sociologie. Werner De Bondt, professeur à l'Université DePaul de Chicago qui accorde une interview au Temps, a défini le concept de cette nouvelle science qui rejette l'axiome de rationalité économique et d'efficience des marchés. Mais il a fallu le prix Nobel de Daniel Kahnemann en 2002 (voir ci-dessous) pour qu'elle gagne ses lettres de noblesse. Cette discipline met en exergue les anomalies de comportement des investisseurs: les surréactions, l'aversion aux pertes. Mais aussi l'effet d'ancrage mental, par lequel les gens ignorent des faits qui ne s'intègrent pas dans leurs croyances. Ou l'excès de confiance, puisque les investisseurs sont convaincus de pouvoir battre le marché, même si les faits indiquent le contraire. Ou encore les anticipations mimétiques, par lesquelles les individus renforcent les tendances en participant à leur fragilité.

Le Temps: Pourquoi venez-vous en Suisse parler de la rhétorique de la finance?

Werner De Bondt: L'idée consiste, à l'invitation de LGT, à parler du poids des croyances populaires qui, bien que souvent erronées, affectent le sentiment des investisseurs. J'ai également mis l'accent sur les changements de décision quand un individu fait partie d'un groupe. 37% suivent toujours la majorité, en toutes circonstances, et 75% au moins de temps à autre.

- Les analystes sont-ils aussi victimes de ces effets de foule?

- Nous avons pris l'exemple d'une prévision de résultat dans 2 ans. L'erreur, soit la différence entre la prévision et la réalité publiée, aura tendance à diminuer en s'approchant du jour J. C'est logique, mais lorsqu'on analyse l'écart entre les estimations, on observe d'une part que deux ans avant le jour J, les désaccords entre analystes sont considérables. D'autre part - c'est aussi surprenant que choquant - le désaccord reste de même ampleur avec le temps malgré la diminution de l'incertitude. Apparemment les analystes s'observent l'un et l'autre. Chacun pense que s'il s'éloigne des prévisions des autres, soit il sera une star soit il sera très mauvais. Beaucoup préfèrent être au milieu.

- Quelle est la signification de vos expériences?

- Premièrement, l'intervention humaine est fragile, d'où l'analyse des circonstances dans lesquelles certaines personnes commettent certaines erreurs, par exemple refusent de diversifier leurs actifs, ne vendent pas leurs pertes ou extrapolent dans l'avenir le comportement passé.

Deuxièmement, ces biais peuvent se renforcer, ce qui crée des risques additionnels et de nouvelles opportunités de rendements. Pensez aux bulles et aux krachs.

Troisièmement, la conscience de ces phénomènes n'est qu'un élément, mais ce qui compte davantage encore, c'est le processus de décision et ses mécanismes.

- Que pensez-vous du niveau des marchés d'actions actuels?

- Nous sortons des questions sur la finance comportementale. On peut faire des jugements en tout moment sur l'avenir des Bourses. Mais la question de la sagesse de l'investissement est de suivre une stratégie, un mode de navigation. Le problème des gérants se reflète dans votre question. Ils réagissent toujours aux crises et ne développent pas une ligne stratégique.

- Alors quelle doit être la stratégie par rapport aux tendances du marché?

- Nous observons une réelle prévisibilité dans la dynamique des prix des actifs financiers. Trois faits majeurs apparaissent clairement: les variations à très court terme provoquent un mouvement dans le sens inverse durant la période suivante. Après une baisse de 10% un jour, l'action remonte de 3,9% le lendemain.

Deuxième point, les gagnants à moyen terme (3-6 mois) sont les perdants les 3 mois suivants, et vice-versa. Troisième point, sur une longue période les retournements se font sur 2 à 5 ans.

Les recherches les plus récentes montrent que la meilleure stratégie consiste à acheter un panier de titres qui baissent depuis longtemps et qui récemment commencent à rebondir. Les pires actions sont celles qui ont présenté d'excellents rendements depuis très longtemps et commencent à baisser. Certains analystes diront que c'est une opportunité historique. Mais cette histoire est complètement fausse.

- Est-il possible d'imaginer un portefeuille optimal pour chaque religion, nationalité ou sexe, en vertu de vos recherches sur la culture et la finance?

- L'intérêt de mes recherches sur la culture porte sur la segmentation des investisseurs. Chaque catégorie a ses propres valeurs. Ainsi on peut définir ce que j'appelle des «clusters», des groupes qui semblent similaires. La culture joue un rôle dans la prise de décision. C'est un cadre mental collectif qui distingue un groupe d'un autre.

- Qu'observez-vous dans le domaine des fonds de placement?

- Supposez un gérant qui a accumulé beaucoup d'argent de clients. A un certain point, il prendra moins de décisions de placement risquées. Il ne veut pas perdre de clients. Par contre, un fonds de placement de petite taille prendra des risques élevés dans le but d'être remarqué et d'attirer des clients, donc des commissions. Si ces choix sont corrects et sa performance de bonne qualité, il l'utilisera pour en faire son marketing. La discussion de ces interactions porte sur l'interaction entre les facteurs économiques (diversification du portefeuille) et les facteurs que j'appelle institutionnels, tels que les questions d'incitations, les différences d'informations, et les facteurs comportementaux. C'est complètement nouveau. Il existe une relation asymétrique entre l'afflux de fonds et le rendement du fonds de placement. En effet, si la performance est bonne, les fonds affluent. Mais si elle est mauvaise, l'argent sort très lentement du fonds. Preuve que les investisseurs peinent à prendre leurs pertes.



«Nous allons vers une importance accrue des émotions dans l'étude de la finance»

Le rôle de l'intuition recevra plus d'attention, selon le Prix Nobel d'économie 2002.

Myret Zaki
Daniel Kahneman est une sommité mondiale en psychologie et sciences comportementales. Prix Nobel d'économie 2002, ce professeur né à Tel-Aviv en 1934 a contribué par ses travaux aux avancées de la finance comportementale. Le comité Nobel s'est intéressé à sa recherche, écrite dans le cadre de son professorat à Princeton, q ui portait sur la psychologie des croyances intuitives et des choix. Le Temps a pu s'entretenir avec lui lors de son passage à Genève, en sa qualité de conseiller pour Guggenheim Partners. Cette société basée à New York et à Chicago gère plus de 100 milliards de dollars par le monde, y compris la fortune de la richissime fondation Guggenheim.

L'approche comportementale, estime Daniel Kahneman, a expliqué des phénomènes que la théorie des marchés efficients peinait à éclairer. «La surperformance des actions par rapport aux obligations et autres classes d'actifs, s'explique par l'excès de confiance et d'optimisme qui caractérise la majorité des investisseurs, habitués à agir sur la base de leur intuition.» C'est aussi la finance comportementale qui a fourni une explication à la valeur bon marché des actions par rapport à leur rendement. Cette prime historique des actions s'explique par trois caractéristiques combinées: l'aversion à la perte, la courte vue (horizon d'investissement d'un an, par exemple) et la perception par l'individu que chaque investissement est isolé des autres.

Et comment expliquer la complaisance généralisée observée actuellement sur les marchés? «La finance comportementale n'a pas encore développé une compréhension suffisante des vagues collectives d'euphorie, car elle tend à se concentrer sur l'individu et non sur les phénomènes agrégés de changements de croyances», relève l'académicien.

Les progrès futurs de la neurofinance, prévoit Daniel Kahneman, vont révolutionner notre compréhension des décisions de l'investisseur. La finance comportementale a déjà influencé les points de vue ces dix dernières années. «Nous allons clairement accorder une importance accrue aux émotions dans la finance», estime le professeur. Le rôle de l'intuition dans la prise de décision rapide, des réactions émotionnelles, auront davantage de poids.

Sera-t-il possible de corriger l'irrationalité propre à l'investisseur? «Il existe déjà un marché de la rationalité, et c'est celui des conseillers en placement, qui guident les individus vers les choix rationnels», rappelle Daniel Kahneman. On pourrait voir plus de gens recourir aux professionnels de l'investissement. Car Daniel Kahneman en est persuadé: «Le domaine de la finance n'est pas fait pour les intuitions. A mon avis, les grands génies financiers étaient surtout mieux informés que les autres, et avaient un caractère plus propice à la prise de risque et à la persévérance dans un même investissement.»

Au final, les George Soros de notre ère n'ont pas toujours suivi leurs «tripes», suggère Daniel Kahneman. Ils ont probablement développé l'intuition dans un second temps, après avoir vécu de multiples expériences, rationalisé les marchés, et enfin intégré les bons réflexes.

SOURCE : AGEFI, WWW.AGEFI.COM

This post has been edited by rem: Nov 13 2006, 17:47
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dieupip
post Nov 13 2006, 13:08
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salut rem
peux tu préciser la source dans ton message ?
thanks
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Esko
post Nov 14 2006, 11:41
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Merci Rem pour tes posts tjrs intéressants .

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Esko
post Nov 14 2006, 13:15
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Encore un ptit post pour dire à ceux qui s'intéresse à la finance comportementale.
J'ai lu un bouquin vraiment intéressant qui parle de la façon dont notre cerveau prend des décisions de trading, comment on se protège psychologiquement face à un perte etc etc... Ce livre m'a bcp aidé dans mon trading et je vous le conseil :

"Traders entré dans la zone" de Douglas
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