Le marché est irrationnel
Les marchés financiers ne sont pas régis par la raison, mais par la psychologie des foules. En fait les marchés ne sont qu’épisodiquement rationnels.
Ils sont mus plus souvent par la peur qui engendre la panique, la cupidité qui entraîne l’euphorie et amplifie les mouvements et les changements de direction. C’est ce que Stan Weinstein, qui a écrit Secrets pour Gagner en Bourse (editions Valor), éditeur de la lettre The Professional Tape Reader et initiateur de la méthode d’analyse des phases, qualifie de mentalité de yo-yo de foules.
Certains attribuent cette volatilité accrue aux nouveaux instruments de marchés Futures ou Options et aux dérégulations qui ont libéré les marchés mondiaux ces dernières années. Cela est peu probable. Les comportements actuels des marchés ont, si nous nous penchons sur l’histoire des bourses, une récurrence cyclique qui peut être tracée avec une relative précision. D’ailleurs les plus grands techniciens historiques, que ce soit Charles Dow ou Ralph Nelson Elliot ont bien reconnu une certaine répétition des mouvements de base au niveau des indices boursiers, donc une cyclicité dans la répétition des formes (si ce n’est dans l’amplitude ou la durée de ces formes).
Les excès actuels des marchés dans cette optique sont plus le témoignage de la psychologie de hommes, que la conséquence de l’arrivée d’instruments nouveaux de spéculation.
Qui se rappelle qu’en 1929 le krach - traité d’aberration - avait été mis sur le compte de l’hyper spéculation engendrée par la technique des appels de marge ou margin calls. Les bouc-émissaires de 1987, dénoncés par la commission Brady (commission sénatoriale chargée d’enquêter sur les causes du krach d’octobre 1987) sont les programmes d’assurance de portefeuille (technique de gestion de portefeuille qui consiste à vendre des futures sur indices boursiers lorsque le marché tombe afin de se protéger contre de nouvelles chutes de cours) et les nouveaux instruments de Chicago – Options et Futures. Les raisons de ce krach sont certainement bien plus profondes.
Pour l’heure, il est important de comprendre le grand poids de la psychologie humaine dans les mouvements des marchés et de savoir que ce psyché collectif est observé graphiquement par l’étude historique des indices boursiers. Cela démontre que le mouvements de marchés, s’ils ne sont pas rationalisables par des relations simples avec l’économie réelle, ne sont pas non plus purement aléatoires. Il existe des méthodes qui chercheront à capter la récurrence de certains facteurs ou de certaines situations psychologiques dans les évolutions des marchés.
Voilà pourquoi la recherche de la fiabilité absolue d’une méthode qui intègre l’irrationnel humain ne peut être que vœu pieux.
Un dicton dit que si l’Histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer. Il a souvent trouvé son illustration sur les marchés.
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