Les Indicateurs de Liquidité

You
GMT
London
New York
Tokyo

Les Indicateurs de Liquidité

Toute une batterie d'indicateurs chercheront ainsi à appréhender le niveau des liquidités du système et la politique de la FED. Les meilleurs indicateurs seront ceux qui anticiperont, avec une bonne fiabilité, les évolutions des marchés. En voici quelques uns.

Stanley Druckenmiller conseille de suivre le niveau des liquidités en calculant l'évolution du niveau des net free reserve, autrement dit le niveau des réserves bancaires en agrégat hors réserves obligatoires après ajustement pour l'inflation

Si ce niveau croît plus vite que l'activité, les banques peuvent distribuer du crédit qui n'ira pas uniquement dans l'économie réelle mais se placera sur les marchés financiers. Druckenmiller suit ce niveau publié chaque semaine par la FED sur un graphe et étudie des corrélations entre cette courbe et des courbes d’indices boursiers. Il utilise les corrélations historiques pour probabiliser l’évolution future des marchés.

Certaines jauges de liquidité sont plus stables dans le temps que la net free reserve, c'est le cas du "prime rate indicator" de Martin Zweig (Winning on Wall Street chez Warner Books).

En effet le prime rate change peu souvent (deux à trois fois l'an ces dernières années) donc les calculs n'ont pas lieu d'être quotidiens. Il s'agit d'un indicateur de style interrupteur qui donne deux positions achat ou vente.

Cet indicateur lance un signal d'achat pour toute baisse initiale (qui succède donc à une hausse) du prime rate de 1/2% (ou 50 points de base) quand le prime est au dessous de la barre des 8%. Avec un prime déjà au dessus de 8%, la baisse initiale doit être au moins de 1% ou être confirmée par une autre baisse pour lancer ce signal d'achat (buy signal). Les signaux de vente sont calculés symétriquement. Ce niveau des 8% a été choisi par Zweig en fonction d’observations historiques. Il s'est avéré dans le passé être un seuil psychologique majeur pour les marchés. En fait, avant de construire cet indicateur, l'analyste a procédé par essais successifs (trial and errors) et les règles précédemment énoncées se sont révélées être les meilleures.

Nous voyons donc que ces indicateurs sont construits essentiellement à partir d’observations historiques. Ce sera le cas de la grande majorité des indicateurs techniques .

Suivre le "Prime Rate indicator" de Zweig de 1954 à 1984 vous aurait permis d'enregistrer des gains annuels moyens de 22.6% contre 5.9% si vous vous étiez contentés d'acheter et de conserver un portefeuille d'actions représentant le marché (buy and hold strategy) . L'indicateur aurait lancé 19 signaux d'achat et donc 18 de vente, soit une moyenne annuelle de deux mouvements de portefeuille.

L'art de l'analyste statisticien sera de dériver, à partir de ces données brutes, des règles d'achat ou de vente fiables comme celles énoncées précédemment. Ces règles sont empiriques et seront conservées tant qu'elles fonctionnent.

Un autre indicateur suivi par Zweig, qu'il a décrit amplement dans son livre, est construit à partir des mouvements du discount rate et des net free reserve… Nous avons dit que la FED "écrit" le script des évolutions boursières, l'évidence confirme cette hypothèse ... (Martin Zweig). Ce dernier indicateur est construit en deux étapes. Zweig, dans un premier temps, "note" séparément le discount rate et le niveau légal de réserves (reserve requirement ou legal reserve), additionne les points de chacun d'eux et définit ainsi quatre attitudes (Winning on Wall Street p.50 à 61) :

Extrêmement haussier = +2 points et plus

Neutre = 0 à +1

Modérément baissier = -1 ou -2

Extrêmement baissier = -3 et plus

Edson Gould, autre célèbre analyste américain a établi la règle des "trois mouvements de hausse et du faux-pas" qui se trouve être statistiquement très souvent vérifiée lorsqu'elle est appliquée au discount rate. Cet analyste a remarqué que trois hausses successives de ce taux annoncent très souvent des difficultés majeures pour la bourse (c'est le faux-pas). Il a largement établi la fiabilité de cette règle pour le Dow Jones. D'autres analystes l'ont vérifié sur les marchés Allemands.

Trois hausses successives du taux des obligations gouvernementales (taux Lombard) annoncent, avec une régularité troublante, une baisse majeure des indices boursiers d'outre Rhin.

L'étude de Gregor Nielsen (Barron's 06/02/89 "The International Trader") portant sur trente-cinq années de l’histoire des bourses allemandes le démontre. Sur cette période, le taux allemand sur les obligations d'Etat fut, en six occasions, augmenté trois fois consécutivement ou plus. Quatre fois sur six (1955-1958, 1965-1967, 1969-1971 et 1979-1981) les actions chutèrent entre 15% et 35% après la troisième hausse.

En France, les activités d'open market de la Banque de France sont trop nouvelles, les séries statistiques à notre disposition trop courtes, pour envisaager de tester aujourd'hui un indicateur domestique de liquidités. Avant la mise en place de l’Euro, il était à craindre que le pouvoir de la Banque Centrale et du Trésor Public sur le marché du crédit, donc sur les marchés boursiers, soit plus limité ici qu'aux Etats-Unis ou même qu'en Allemagne. En effet le SME (Système Monétaire Européen) qui exigeait de détendre le taux de change du franc, contraignait les autorités financières du pays à déterminer leur politique monétaire en fonction de considérations externes (la parité franc/mark) autant sinon plus qu'en fonction des besoins en crédit de l’économie.

Il était ainsi peu probable que des indicateurs de liquidités fondés sur la politique de crédit de la Banque de France et du Trésor Public permettent d'anticiper avec suffisamment de fiabilité les évolutions de la Bourse. Nous pouvons même penser que les décisions de la Banque Fédérale Américaine ont un plus fort impact sur la tenue de la Bourse de Paris que les décisions des autorités monétaires du pays.


Sommaire : Analyse technique

Contenu fournit par IB, société de formation bourse

Rechercher