LE PRINCIPE DES OSCILLATEURS
Il est essentiel de comprendre ce que tentent de faire les oscillateurs. Un mouvement de prix est composé d'une partie aléatoire qui ne comporte aucune information, c'est l'équivalent de la neige qui brouille les écrans des radars, et il contient quand même des signaux significatifs. Les indicateurs techniques, par différentes manipulations des données de prix, chercheront à filtrer au mieux l’information utile.
Cette information est de deux natures: il y a d'une part la tendance ou la composante directionnelle qui est filtrée au travers des indicateurs de suivi de tendance et d'autre part une composante cyclique. Les oscillateurs tâcheront de ne retenir que cette dernière composante. Ils nous indiqueront les périodes où les prix sont montés trop loin (phases de sur-achat) ou tombés trop bas (phase de sur-vente) par rapport à une situation d'équilibre dans leur cycle courant. Autrement dit, ces derniers décèleront les moments où les prix paraissent mûrs pour lancer une réaction. C'est bien sûr dans les phases de trading range ou non directionnelles que les oscillateurs rendront les plus grands services car c'est dans ces conditions de marché que l'information cyclique sera déterminante.
Ceci étant, une stratégie naïve consisterait à ouvrir une position sur un marché chaque fois qu'un déséquilibre flagrant est décelé par un oscillateur (zone extrême). La règle simple serait alors de vendre un marché en sur-achat et d'acheter un marché en sur-vente. Le seul problème avec cette approche c'est que parfois une lecture extrême de l'oscillateur ne traduit pas un déséquilibre par rapport à une action passée mais le départ d'une nouvelle dynamique. Quand, par exemple, la courbe des prix casse une zone de congestion par le haut, pendant toute la phase de lancement de cette nouvelle dynamique, l'oscillateur donnera à tort une lecture de sur-achat. De fait, les marchés deviennent fortement sur-achetés (ou sur-vendus) au début d'une nouvelle tendance haussière (ou baissière).
Pour palier à ce risque, certains systèmes basés sur la lecture d'oscillateurs exigeront que ces derniers commencent à retourner vers l'équilibre avant d'ouvrir une position et de suivre leurs messages.
D'autre systèmes, enfin, exigeront également qu'apparaisse une divergence avec la courbe des prix.
Mathématiquement, un oscillateur sera conçu afin de pouvoir extraire la composante cyclique des données de prix. C'est pourquoi ces indicateurs seront bâtis sur des périodes représentant la moitié de la durée du cycle que l'on voudra travailler. Comme les cycles dominants sur les futures et les bourses sont proches des périodes calendaire 14,28 et 56 jours (ou 10,20 et 40 jours ouvrables), les longueurs les plus courantes des oscillateurs seront donc de 5 ou 7, 10 ou 14, 20 ou 28 jours. Nous retrouvons les mêmes durées que celles que nous venons d'utiliser sur les indicateurs et systèmes de suivi de tendance.
La popularité de la stochastique à 5 jours, du momentum à 10 jours et du RSI à 14 jours repose sur le cycle de 28 jours (c'est à dire le mois calendaire) et ses harmoniques.
Nous allons traiter successivement et par ordre de complexité croissante les quatre familles d'oscillateurs les plus utilisées. Pour chacune d'elles, nous décrirons les règles de construction, nous définirons la ou les zones de surrachat et de sur-vente, les méthodes d'interprétation de ces outils et nous tâcherons de donner les performances de divers systèmes basés sur ces oscillateurs. Enfin nous commenterons des exemples de valeurs boursières analysées avec ces oscillateurs.
Sommaire : Analyse technique
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