Pourquoi les états aiment les banques centrales et la monnaie fiduciaire ?
Nous comprenons pourquoi les banques aiment les banques centrales: parce qu'elles leur permettent d'augmenter artificiellement leur volume d'affaires et leurs marges, ce qui est bon pour les revenus de leurs cadres dirigeants.
Ajoutons que la crise actuelle montre combien la FED et la BCE jouent un rôle majeur dans le sauvetage des mauvaises banques, et donc dans la perpétuation de l'irresponsabilité de leurs dirigeants, en acceptant de prêter de l'argent aux banques en échange d'actifs de plus en plus douteux. Ainsi, les banques centrales sont devenues le pilier majeur de ce que l'on appelle "l'aléa moral", c'est à dire la faculté, pour des dirigeants de banques non actionnaires de leurs établissements, de privilégier des stratégies de gain à court terme bonnes pour leurs bonus, sans se préoccuper excessivement des risques que ces attitudes font courir à leurs actionnaires et à l'économie en général.
Mais pourquoi les états aiment tant les banques centrales et la monnaie fiduciaire ?
Les premières banques centrales furent crées de façon totalement dépendante du pouvoir central, car celui ci peut imprimer de la monnaie, et les gouvernements y voyaient un moyen commode de financer ainsi leurs aventures, notamment militaires. Ainsi, par exemple, la banque de France fut créée par le Consul Bonaparte. Mais évidemment, un tel manque de sérieux aboutissait immanquablement à ruiner la monnaie du pays se livrant à de telles pratiques.
Aujourd'hui, la plupart des banques centrales des pays sérieusement gérés sont dites "indépendantes", ce qui donne confiance aux investisseurs dans la solidité de la monnaie. Cela n'empêche pas les états d'y trouver leur compte. Parce que les états ont pris la mauvaise habitude de financer leur embonpoint non par l'impôt, car pratiquer une telle vérité des prix de l'action publique serait très impopulaire, mais par l'emprunt, elles chérissent un système où, au nom de la "croissance", un tiers acteur peut artificiellement baisser le coût de l'argent, permettant aux états de s'endetter à meilleur compte que si le taux d'intérêt était strictement fixé par un marché libre. Si les états empruntent trop dans un tel marché, ils forcent à la hausse les taux d'intérêt, et s'obligent bien vite à revenir à plus de discipline budgétaire... Avec la banque centrale, un arrangement permettant de continuer sur la voie de l'irresponsabilité budgétaire est toujours envisageable.
Malheureusement, cet espoir d'un arrangement avec les banques centrales fournit aux états un "aléa moral" de premier ordre. Les états n'hésitent pas à s'endetter à des niveaux stratosphériques, car ils espèrent que même s'ils rencontrent des difficultés pour souscrire leurs emprunts -- l'épargnant finit par être méfiant... --, ils pourront toujours demander gentiment à la banque centrale de racheter leur dette par création monétaire, créant une hyperinflation qui réduira artificiellement la dette des états... et spoliera de facto tous ceux qui leur ont prêter de l'argent.
Malheureusement, une inflation renforcée, parce qu'elle est à la fois forte et imprévisible, rend très difficile l'investissement à long terme: emprunter à des taux élevés interdit les emprunts de long terme, et l'incertitude sur la valeur réelle des gains futurs rend les entrepreneurs frileux. Voilà pourquoi l'on peut dire que les états financent leur croissance actuel aux dépens de la prospérité future de leur population.
Vincent Benard
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Sommaire : Macro Economie
- Monnaie banque centrale et Etalon Or
- Fiat Money
- Le cycle de la monnaie et du crédit dans un marché monétaire libre
- L'état, facteur de désordre dans l'économie
- La monnaie sans la ressource
- La crise actuelle dans un système de monnaie de marché
- Pourquoi les états aiment les banques centrales et la monnaie fiduciaire ?
- L'étalon or
- Pourquoi l'étalon Or fut abandonné, officiellement ?
- Conclusion, Monnaie banque centrale et Etalon Or

Vincent Benard