Fri, 30 Mar 2012 12:00:00 +0000

Une semaine en repli avant l'issue de la réunion des ministres des finances européens

Marchés actions :

 
Cette semaine, la tendance des marchés a été  baissière et unidirectionnelle, dans la lignée de la semaine précédente. Les tensions perdurent sur les marchés européens tandis que l'idée d'une reprise américaine solide s'érode peu à peu. Enfin, les opérateurs profitent de la fin du trimestre pour effectuer des prises de profit après plusieurs semaines de fortes hausses.


La pression remonte en Europe. Les pays périphériques l'Union Européenne montrent des signes de faiblesse notamment dans leur capacité à mettre en place des politiques de rigueur efficaces. Cela se caractérise essentiellement par l'écartement des spreads au niveau des taux obligataires, entre ceux des pays en difficulté et ceux de l'Allemagne. L'Espagne inquiète les investisseurs avec son agitation sociale et son incapacité à respecter ses objectifs de déficit. Le pays a déjà été rappelé à l'ordre par la commission européenne, et peine à respecter ses engagements. En parallèle, les mesures d'austérité que le gouvernement inflige au peuple son très mal perçues d'autant plus qu'elles n'ont pas l'air d'avoir un grand effet pour la population, malgré les grands progrès qui ont déjà été fait au niveau de la balance commerciale. En Italie, la situation est légèrement différente. Cette semaine, le pays a levé une grande quantité de dettes, près de 20 milliards d'euros, faisant baisser un peu ses taux sous l'effet de la forte demande. Cela montre avant tout un regain de confiance dans le pays, motivé par les dernières réformes du gouvernement de Mario Monti et les mesures prises par l'Europe afin d'endiguer la crise de la dette en Grèce. L'Italie se place donc à mi-chemin avec la France et la Belgique entre les Etats périphériques et les pays les plus solides de l'Europe (Allemagne, Scandinavie). En résumé, les perspectives économiques pour l'Union Européenne ne sont pas reluisantes. Outre une croissance mondiale qui s'annonce finalement plus fragile que prévu, le ralentissement en Chine préoccupe les investisseurs qui multiplient les mouvements de prudence sur les marchés. Le rapport de l'OCDE cette semaine faisait état d'une croissance à la limite de la récession dans l'UE. Cette impression est également confirmée au niveau des indicateurs macro-économiques : le PIB français ressort à 1,3% contre 1,4% au départ, le Royaume Uni est en récession à -0,3% contre -0,2% de d'estimé. La confiance des consommateurs reste faible et le chômage augmente en Allemagne.


Néanmoins, tout n'est pas noir en Europe. Aujourd'hui, les ministres des finances de l'Euro zone vont entamer une série de réunions sur deux jours qui visera à renforcer les mécanismes de sauvetage de l'UE. Seule l'Allemagne peut éventuellement s'opposer à la fusion entre le MES et le FESF qui aboutirait à un fonds de 940 milliards d'euros. Cette perspective rassure les investisseurs car la fusion réduirait le risque de défaut sur l'Espagne en amenant une quantité massive de fonds. Les dirigeants européens cherchent avant tout à éviter les attaques spéculatives sur la dette de leur pays respectifs. De fait, une montée des taux obligataires, couplée à une croissance affaiblie par les mesures d'austérité, seraient catastrophiques pour le vieux continent. Ainsi, en variation hebdomadaire, le CAC40 perd 1,90%, le Footsie lâche 1,58%, le DAX30 recule de 0,96% et l'Euro Stoxx 50 chute de 2,35%.


Outre-Atlantique, Wall Street a bien profité du discours de Ben Bernanke. Le président s'est voulu très rassurant : la FED voit toujours une reprise de l'économie aux Etats-Unis et un marché de l'emploi en forte expansion. Pourtant, la poursuite de l'opération twist, sous forme, éventuellement, d'une opération twist 2 n'est pas à exclure totalement. L'opération twist 1 prendra fin en Juin et son arrêt brutal pourrait se faire ressentir dans l'économie du pays. Ben Bernanke s'est montré extrêmement rassurant quant à sa volonté de poursuivre une politique monétaire accommodante. En se montrant prudent sur l'évolution du marché du travail et des résultats décevants de l'immobilier américain, il rappelle qu'il se tient prêt à donner un coup de pouce à l'économie, et à soutenir ainsi les principales places financières. Ainsi le S&P500 a quasiment atteint un plus haut en quatre ans puis a reculé, les opérateurs estimant que sur le court terme, les indices seront sujets à plusieurs prises de profit. D'une manière générale, il est extrêmement difficile de déterminer quand le rallye haussier prendra fin aux Etats-Unis. Les statistiques macro-économiques ont toujours tendance à s'améliorer, renforçant l'appétit pour le risque des investisseurs et la volonté d'investir dans des actions plutôt que dans des actifs de refuge tels que les obligations d'Etats. Ainsi, sur le front des statistiques macro-économique, le secteur manufacturier s'est légèrement replié tandis que la croissance du PIB et la confiance des consommateurs se maintiennent à leurs précédents niveaux. Ainsi, sur la semaine, le Dow Jones avance de 0,76%, le S&P500 progresse de 0,75% et le Nasdaq Composite prend 1,05%.
Enfin en Asie, les places boursières sont restées très corrélées à l'Europe et aux Etats-Unis, évoluant au gré des annonces macro-économiques. En Chine, les perspectives de croissance sont en train d'être revues à la baisse pour les 6 prochains mois et le manque de réaction de la part du gouvernement pour inverser la tendance inquiète les investisseurs. Le pays a les moyens d'assouplir sa politique monétaire, en baissant les taux de réserves obligatoires des banques ou en agissant sur sa monnaie. Au Japon, le rapatriement traditionnel de capitaux sur le yen a profité à la devise, mais pas aux valeurs exportatrices. Ainsi, en variation hebdomadaire, le Nikkei225 gagne 0,72% tandis que le Hang Seng lâche 0,26%.

Forex :

 
Sur le marché des devises, la fin du premier trimestre se fait hésitante. Les marchés peinent à trouver une direction clairement établie. L'évolution de l'euro illustre parfaitement cette hésitation. Cette semaine a été marquée par les débats en Europe autour de la taille du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) ainsi que par le commentaire du président de la Réserve Fédérale Américaine qui a relancé le débat autour d'une possible mise en place d'une QE3.


En Zone Euro, les désaccords autour de la capacité financière du MES ont entretenu les incertitudes. En effet, dès le début de la semaine, l'Allemagne a jeté un coup de froid auprès de la commission européenne. L'Allemagne a affirmé vouloir limiter la taille du fond à 700 milliards d'euros alors que la commission européenne espérait arriver à un montant de 940 milliards d'euros. Puis, les incertitudes ont été ravivées après l'annonce du déficit public espagnol qui s'est fortement contracté. Preuve d'un retour des tensions, les taux espagnols à 10 ans se sont tendus en passant au-dessus de la barre des 5,5%. Les difficultés espagnoles font craindre un nouveau cas comme celui de la Grèce. Les autorités espagnoles ont annoncé des prévisions de croissance pour l'année 2012 négatives puisque les autorités tablent sur un recul de 1,7% du PIB pour l'ensemble de cette année. De plus, le taux de chômage espagnol est un des plus hauts de la zone euro se situant autour des 23%. Le gouvernement espagnol doit également faire face à de fortes tensions sociales et un refus total de la population des mesures d'austérités. Par ailleurs, en attendant la fin des négociations de cette fin de semaine concernant la taille du MES, l'OCDE a affirmé mercredi que le fond devait être doté d'au moins  1 000 milliards d'euros pour faire face aux besoins de l'Italie et de l'Espagne réunis. Les investisseurs attendent des dirigeants européens une réponse unique et forte afin que l'Europe puisse se doter d'un pare-feu fiable pour faire face aux prochains obstacles que pourraient rencontrer la zone euro dans les mois à venir.


Outre-Atlantique, le patron de la FED, Ben Bernanke a fait sensation en annonçant la possibilité de mettre en place des nouvelles mesures de quantitative easing (QE3). Un nouveau QE3 entrainerait une manne de liquidé sur les marchés favorisant les actifs à risques. Ben Bernanke a clairement affirmé son soutien à l'activité économique américaine par la poursuite d'une politique monétaire ultra-accommodante. Selon le président de la FED, bien que le taux de chômage soit en baisse, cette tendance reste limitée et bien que des signes positifs montrent une reprise du marché immobilier américain, la reprise reste poussive. Ainsi, la mise en place d'une politique monétaire ultra-accommodante aurait un effet catalyseur pour la reprise économique américaine. L'idée de Ben Bernanke serait ainsi de soutenir massivement la demande globale à savoir celle des consommateurs et des entreprises et in fine une baisse significative du taux de chômage à plus long terme.


Dans ce contexte, la monnaie unique est en légère hausse face au billet vert. La paire EUR/USD gagne environ 0,52% en rythme hebdomadaire passant de 1,3268$ à 1,3340$. L'annonce de Ben Bernanke avait propulsé la monnaie unique vers les 1,3387$, soit son plus haut en séance. Mais, les inquiétudes autour de l'Espagne et les négociations autour de la taille du MES ont limité la hausse de la monnaie européenne. De son côté, sur le NYBOT, le Dollar Index perd du terrain et côte 78,80 points contre 79,56 points en fin de semaine dernière. Les anticipations d'une politique monétaire ultra-accommodante américaine alimentent la baisse du dollar. Par ailleurs, le dollar australien poursuit sa baisse face à ses principales contreparties dont l'euro et le dollar. La paire EUR/AUD gagne 1,14% sur la semaine et s'échange autour des 1,2820 dollar australien. La paire AUD/USD chute d'environ de 1,30% à 1,0391$ contre 1,0531$ en fin de semaine dernière.


Matières Premières :


Sur le front des matières premières, le pétrole s'est nettement replié. A New York, le Ligth Sweet Crude chute de 3,58% en rythme hebdomadaire passant de 107,09$ à 103,20$ le baril. A Londres, le Brent de la mer du Nord n'est pas non plus épargné et baisse de 2,10% à 123,15$ contre 125,73$ le baril. Certains pays (États-Unis, Grande-Bretagne, France) ont annoncé qu'ils pourraient puiser dans leurs réserves stratégiques pour dégonfler les cours. De plus, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) s'est dite très préoccupée par la flambée des prix du brut qui menace de plus en plus la reprise économique. En outre, les opérateurs ont surveillé attentivement le chiffre sur les stocks outre-Atlantique. Ce dernier est ressorti négatif puisque les stocks ont progressé de 7,1 millions de barils à 353,39 millions alors que les analystes attendaient une hausse de 2,2 millions de barils. Cette mauvaise statistique a entraîné Wall Street vers le bas avec notamment la forte baisse du secteur énergétique.


De son côté, le métal jaune faisait son retour à la hausse en début de semaine en frôlant les 1 700$ l'once après les déclarations de Ben Bernanke. Cependant, la faiblesse du billet vert a repris ses droits entrainant un retour l'or autour des 1 660$ l'once. Au final, les cours de l'or restent au même niveau que celui du début de semaine. Même tendance pour l'argent-métal qui gagne symboliquement 0,45% sur la semaine à 32,40$ l'once.

Annonces:
Heure Pays Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 2 avril 2012
01h50 Ind. Tankan gdes entre. manuf. Q1 -1 -4 4
09h50 PMI Manufacturier Mar 47.6 47.6 4
09h55 PMI Manufacturier Mar 48.1 48.1 4
10h00 PMI Manufacturier Mar 47.7 47.7 3
10h30 PMI Manufacturier Mar 50.7 51.2 4
11h00 Taux de chômage Zone Euro Fev 10.8% 10.7% 4
16h00 Dépenses de construction (GM) Fev 0.8% -0.1% 4
16h00 ISM Manufacturier Mar 53.4 52.4 5
16h00 ISM Prix payés Mar 62.3 61.5 5
Mardi 3 avril 2012
10h30 Dir.d'achat Construction PMI Mar 53.5 54.3 4
11h00 PPI Zone Euro (GM) Fev 0.5% 0.7% 3
16h00 Commandes Industrielles Fev 1.4% -1.0% 5
20h00 Minutes FOMC - - - 5
Mercredi 4 avril 2012
09h50 PMI Services Mar 50.0 50.0 4
09h55 PMI Services Mar 51.8 51.8 4
10h00 PMI Composite Mar 48.7 48.7 4
10h30 PMI Services Mar 53.4 53.8 4
11h00 Ventes au détail Eurozone (GM) Fev 0.1% 0.3% 4
12h00 Commandes d'entrepr. (GM) Fev 1.3% -2.7% 5
13h00 MBA Demandes de prêts hypo. Mar 30 -- -2.7% 5
13h45 Annonce Taux d'intérêt de BCE Avr 4 1.00% 1.00% 5
14h15 ADP var. de l'emploi Mar 205k 216k 5
16h00 ISM Non Manuf. Composite Mar 56.7 57.3 4
Jeudi 5 avril 2012
09:00 Réserves Devises Mar -- 224.9B 4
09h15 Indices Prix Consommation (GM) Mar 0.4% 0.3% 5
10h30 Production Industrielle (GM) Fev 0.5% -0.4% 5
10h30 Prod. Indus. Manufact.(GM) Fev 0.2% 0.1% 4
12h00 Prod. Indus. (GM) Fev -0.5% 1.6% 5
13h00 Annonce Taux BOE Avr 5 0.50% 0.50% 5
14h30 Permis de construire (GM) Fev -- -12.3% 4
14h30 Taux de chômage Mar 7.4% 7.4% 4
14h30 Nv demandes Alloc-chôm Mar 31 -- 359k 5
Vendredi 6 avril 2012
08h45 Balance commerciale (en euros) Mar -5200M -5324M 3
14h30 Var/ Emplois Non Agri. Mar 210k 227k 5
14h30 Taux de chômage Mar 8.3% 8.3% 5
Degré de pertinence pour les marchés :
5 Très forte 4 Forte/Moyenne à Forte 3 Moyenne