jeudi, 24 septembre 2020

Le monde surveille les statistiques ISM

L'Allemagne montre l'exemple : l'industrie, à de rares exceptions près, est le moteur principal de l'économie d'un pays. C'est aussi vrai des Etats-Unis, dont l'activité industrielle contribue à 12% de la croissance. Celle-ci est aussi très dépendante du niveau de sa monnaie, le Dollar.

C'est pourquoi le monde entier surveille de près les statistiques de l'ISM, autrement dit de l'Institute of Supply Management. C'est un indicateur suivi par tous les traders, bien qu'il soit quand même un peu moins suivi que le CPI (l'inflation), l'emploi non agricole ou la balance commerciale.

Qu'est-ce que l'ISM ?

De son vrai nom, l'ISM s'appelle ISM manufacturing report, et il est calculé chaque mois par l'ISM, une association indépendante au service du secteur du supply management. L'ISM interroge les dirigeants et les supply managers sur leurs attentes sur différents points : la production future, l'emploi, les stocks et les commandes. Ces données sont ensuite compilées pour donner un indice, dont la moyenne est 50.

Un indice supérieur à 50 signifie expansion, relance des commandes, et croissance de l'économie. Il se traduit généralement, toutes choses égales par ailleurs, par une hausse du dollar et des indices boursiers. Un indice inférieur à 50 devrait réduire l'intérêt pour le dollar. Mais cela peut aussi être le cas d'un indice supérieur à 50, mais inférieur à ce que prévoyait le consensus.

Dans les deux cas, les marchés l'interprèteront comme le signal d'un début de ralentissement de l'économie. Il sera donc profitable pour le marché obligataire, négatif pour le marché boursier et pour le dollar. Si l'indice reste stable d'un mois sur l'autre, ou proche de 50, les investisseurs iront chercher des informations supplémentaires dans le rapport de l'ISM afin de savoir comment s'est décomposé le calcul. Cela leur permettra de savoir si ce sont les commandes, les stocks ou les emplois qui ont conduit à ce résultat. A noter qu'un indice inférieur à 50 ne signifie pas forcément que le pays entre en récession. Selon l'Institut, il faut que l'indice passe en dessous de 42,5 pour qu'il considère que l'économie américaine est entrée en récession. 

Depuis l'automne 2012, les indices ISM successifs sont tous supérieurs à 50. En février 2013, par exemple, l'ISM était à 54,2. Un bon niveau, qui reflète le retour à un certain dynamisme de l'économie américaine. Et qui se traduit, sur la période, par une hausse quasi constante de l'indice Dow Jones (voir graphique ci-dessous). Il ne s'agit pas de dire que l'ISM pousse le Dow Jones à la hausse ! Surtout pas. Mais de remarquer que l'ISM confirme la donne orientation de l'économie et doit donc pousser les investisseurs à accompagner la tendance dessinée après l'automne 2012. 

Plus d'information sur le même thème

  Se connecter