lundi, 27 février 2017

ArcelorMittal : issue d'une OPA d'abord "hostile"

Arcelor d'un côté, Mittal Steel de l'autre...

Arcelor était un groupe sidérurgique de taille mondiale né en 2002 de la fusion de trois sociétés européennes du secteur, le français Usinor, l'espagnol Aceralia et le belgo-luxembourgeois Arbed.

Basé à partir de cette date au Luxembourg, ce groupe sidérurgique à l'actionnariat très éclaté (entre 2002 en 2005, son plus gros actionnaire, l'Etat luxembourgeois, ne détenait que 5,6 % de son capital*) tente fin 2005, via une OPA « hostile » (c'est-à-dire que les dirigeants de la société cible s'y opposent) de prendre le contrôle du canadien Dofasco afin de contrer l'un de ses principaux concurrents sur le continent nord-américain, la société de droit néerlandais Mittal Steel, par ailleurs contrôlée par l'actionnaire indien Lakshmi Mittal.

Cependant que le groupe allemand ThyssenKrupp propose une offre concurrente sur le canadien Dofasco (qui conduira Arcelor à augmenter sensiblement sa proposition à 3,7 milliards d'euros en février 2006), la société Mittal Steel elle-même « contre-attaque » (bien qu'elle n'ait pas été directement attaquée) en association avec ThyssenKrupp dès le mois de janvier 2006...

 

Mittal devient ArcelorMittal après avoir réussi son OPA sur Arcelor

A la fin du mois de janvier 2006, Mittal annonce une OPA hostile sur Arcelor pour 18,6 milliards d'euros, en promettant par la même occasion à ThyssenKrupp de lui revendre Dofasco à l'issue de l'opération d'absorption d'Arcelor.

Arcelor, via ses dirigeants de l'époque, se défend par tous les moyens, annonçant par exemple en février 2006 un doublement des dividendes afin de retenir ses actionnaires puis lançant une OPRA (Offre Publique de Rachat d'Actions) de 5 milliards d'euros visant également au renforcement des droits de vote des actionnaires en place.

Des actions politiques sont également engagées, sur fond de « nationalisme » industriel latent ou manifeste. L'annonce de l'arrivée d'un « chevalier blanc » constitue enfin une dernière tentative d'Arcelor pour échapper à Mittal sous les espèces d'une fusion-acquisition du russe Severstal (qui entrerait à hauteur de 32 % dans le capital d'Arcelor). Rien n'y fait : Mittal est lui-même un groupe européen, et il relève son offre à 25,8 milliards d'euros en mai 2006, puis à 26,9 milliards d'euros en juin 2006.

L'OPA hostile se transforme en OPA « amicale » en ce que les dirigeants d'Arcelor acceptent désormais l'offre de Mittal, qui détient 92 % des actions d'Arcelor à la mi-juillet 2006 : l'OPA a réussi, même si des procédures judiciaires retardent la fusion effective jusqu'à l'automne 2007.

Dès septembre 2006, la société ArcelorMittal est intégrée au sein de l'indice CAC 40, le groupe ThyssenKrupp ne parvenant pas à ses fins : en janvier 2007, la justice néerlandaise confirmera que Dofasco (du fait d'une mesure de protection mise en place par Arcelor) ne peut pas être vendu à ThyssenKrupp.

* Début 2012, la participation de l'Etat luxembourgeois dans ArcelorMittal était de 2,5 %.

 

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