Arbitrage et marchés financiers

Utilité et nécessité de l'arbitrage

Sur un marché financier, l'arbitrage constitue la réalisation de transactions simultanées visant à ce que le risque global des positions constituées soit quasiment nul, en vue d'en tirer un bénéfice.

Un arbitrage sans risque consiste par exemple à simultanément acheter moins cher et vendre plus cher deux actifs financiers totalement identiques. En fait, un arbitragiste essaie de dégager un bénéfice en profitant des « imperfections » qui peuvent apparaître sur différents marchés.

Par exemple, si une action HSBC Holdings, cotée aussi bien à la Bourse de Londres que sur Euronext Paris, vaut moins cher à Londres qu'à Paris, une opération d'arbitrage pourra consister à simultanément acheter des titres HSBC Holdings à Londres et à les vendre sur Euronext Paris.

Globalement, la mise de fonds est en réalité nulle pour l'investisseur arbitragiste, il n'y a aucune prise de risque et le profit est certain, pour peu évidemment que les titres concernés soient suffisamment liquides pour que les opérations complémentaires de l'arbitrage puissent être réalisées effectivement en même temps.

Du point de vue théorique, la pratique de l'arbitrage assure la fluidité entre différents marchés et contribue à leur efficience, et notamment aux rattrapages de prix d'un marché à l'autre pour des actifs financiers semblables. Ainsi dans notre exemple, une opération d'arbitrage menée sur un grand nombre de titres HSBC Holdings aurait conduit à faire baisser le cours de ces actions sur Euronext Paris (à la suite de la vente des titres) et à le faire monter à Londres (à la suite de l'achat des titres).

Dérives spéculatives de l'arbitrage

La recherche d'opportunités d'arbitrage par l'ensemble des opérateurs sur les marchés est en particulier l'un des fondements de la théorie de la « parité couverte des taux d'intérêt », selon laquelle le différentiel de taux d'intérêt sur une même échéance entre 2 devises doit être égal au différentiel relatif de change constaté à terme entre les 2 monnaies.

L'ampleur des transferts de capitaux est ainsi largement induite par des variations de taux d'intérêt, qui poussent les opérateurs à mener parallèlement des opérations d'arbitrage et des opérations de couverture (consistant à se protéger de risques spéculatifs, sans même viser un bénéfice, par exemple sur la paire EUR/USD pour une firme européenne achetant ou vendant des produits en dollars).

La théorie de l'arbitrage ne peut pourtant pas faire l'économie de son envers de pure spéculation. Une opération d'arbitrage classique consiste par exemple à financer par emprunt l'achat d'une action grâce à la combinaison de l'achat d'une option de vente (« put ») et de la vente d'une option d'achat (« call ») de cette même action.

Les dérives de pratiques de « quasi-arbitrage » à grande échelle sont inévitables. Ainsi le hedge fund LTCM avait-il parié avant la naissance de l'euro (avec l'effet de levier massif de positions 30 fois supérieures au capital de la société d'investissement) sur la convergence des taux des obligations allemandes et de ceux d'autres obligations européennes. Or avant de converger effectivement, les taux des obligations concernées commencèrent par diverger au point que la faillite du fonds (et la crainte d'un risque systémique) s'en suivit.

La liquidité croissante des marchés, couplée aux progrès des technologies numériques qui « abolissent » les différences liées en particulier au temps, rendent de plus en plus rares les opportunités d'arbitrage.

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Arnaud Jeulin Responsable de la publication, Trader

Après un diplôme d'ingénieur, Arnaud a commencé une carrière de développeur. Il a travaillé avec des traders et des services de back office pour mettre en place des prototypes et des outils de trading. Il a ensuite créé sa propre entreprise en 2003.

Il a été responsable du webmarketing pour la Banque en ligne Suisse Synthesis, depuis rachetée par Saxo Bank. Il a aussi fait des audits pour différents brokers et participé à plusieurs salons professionnels pour les courtiers à Londres, Paris et Chypre.

Depuis 18 ans Arnaud a approfondi sa connaissance des brokers et des marchés, il utilise son expérience pour améliorer Mataf afin d'éviter d'orienter les visiteurs vers des brokers malhonnêtes ou des stratégies de trading dangeureuses.

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