Chute du Dollar, une chance pour l'économie US ?

Les vieux réflexes ont la vie dure ! Nombre d'investisseurs, notamment sur le Forex, continuent de penser que la baisse du dollar nuit à l'économie du pays. Pourtant, un dollar faible a de nombreux avantages, et notamment pour les investisseurs eux-mêmes.

Une baisse intentionnelle?

La baisse de pouvoir d'achat qu'entraîne une baisse du dollar est en effet intentionnelle. Elle augmente le coût de l'énergie importée et force les consommateurs à modifier leurs habitudes et les entreprises à optimiser leur consommation. De plus, cela avantage les entreprises américaines qui sont capables de vendre leurs produits à l'étranger ou même d'y produire une partie de leurs biens et de leurs services. Imaginons par exemple une société américaine qui possède des usines en Europe, dont la monnaie s'est renforcée face au dollar. Au moment où ces filiales feront remonter leurs profits aux USA, cela représentera une quantité de dollars plus importante qu'avant, et donc un bon petit coup de booster à la ligne du bas, celle des profits!

McDonald's et Procter & Gamble sont deux exemples presque parfaits de sociétés qui profitent d'un affaiblissement du dollar. Car elles sont toutes deux largement internationalisées. La seconde présente cependant un léger avantage sur la première  car elle produit une grande partie de ce qu'elle vend aux Etats-Unis. Cela veut dire qu'elle produit dans une monnaie faible et vend dans une monnaie forte : c'est bien la situation idéale. C'est sans doute pour cela qu'on entend rarement les présidents des plus grandes sociétés américaines se plaindre d'un dollar faible.

De plus, cela permet aux compagnies américaines d'augmenter leurs prix sur leur marché domestique, sans que cela n'entraîne de hausse des prix sur d'autres marchés (et donc des pertes de parts de marché). Elles peuvent aussi rapatrier une partie de leur production sur leur marché domestique pour bénéficier des coûts de productions moins élevés que si elles produisaient à l'étranger... Le gouvernement y trouve son compte : moins de chômage et plus de taxes payées sur place...

Et les actionnaires?

Ce qui est bon pour les entreprises américaines est bon pour leurs actionnaires. Et comparer le tracé du cours de l'action McDonald's avec celui du dollar contre un panier de devises, permet de mesurer tout l'intérêt qu'il y a à être actionnaire d'une telle société lorsque le dollar lâche du terrain.

Mais ce n'est pas tout : les actionnaires profitent aussi de la faiblesse du dollar à travers les fusions acquisitions. Cela attire irrésistiblement les prédateurs étrangers, et conduit à des surenchères qui sont dans tous les cas bénéfiques pour les actionnaires. Lorsque la situation se prolonge trop, cependant, un dollar faible a aussi des inconvénients : cela peut par exemple réduire le développement à l'étranger des compagnies américaines, qui peuvent estimer trop cher le coût d'une implantation dans les pays à devise forte.

Et puis, il y a actionnaire et actionnaire. En cas de neutralité de la devise, tout va bien : l'actionnaire investit en dollar, dans une société en dollar. Mais s'il investit en euro dans une société en dollar, il risque de se retrouve dans une situation inconfortable au bout d'un certain temps. Il aura investi 100 euros qui lui donneront droit à une action à 100 dollars, avec une parité de 1 pour 1. Mais si la parité passe à 0,5 dollar pour un euro, il ne récupérera que 50 euros s'il décide de rapatrier son investissement en euros. Cela pourra annuler tous les effets bénéfiques d'une hausse des cours. Son investissement, même si l'action américaine passe de 100 à 160 dollars, lui laissera quand même une perte de 30% s'il la convertit en euros !

Seul moyen d'éviter ce problème : se couvrir.

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Arnaud Jeulin Responsable de la publication, Trader

Après un diplôme d'ingénieur, Arnaud a commencé une carrière de développeur. Il a travaillé avec des traders et des services de back office pour mettre en place des prototypes et des outils de trading. Il a ensuite créé sa propre entreprise en 2003.

Il a été responsable du webmarketing pour la Banque en ligne Suisse Synthesis, depuis rachetée par Saxo Bank. Il a aussi fait des audits pour différents brokers et participé à plusieurs salons professionnels pour les courtiers à Londres, Paris et Chypre.

Depuis 19 ans Arnaud a approfondi sa connaissance des brokers et des marchés, il utilise son expérience pour améliorer Mataf afin d'éviter d'orienter les visiteurs vers des brokers malhonnêtes ou des stratégies de trading dangeureuses.

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