vendredi, 18 septembre 2020

Spéculer sur le Forex, c'est la mode...

Le marché des changes représente un marché de 4000 milliards par jour, en plein boom : quel courtier négligerait un tel potentiel ?

C'est pourquoi depuis quelques années, le nombre des courtiers spécialisés en transactions sur le Forex (le marché des changes) a explosé. Il y en, rien qu'en France, plus d'une vingtaine. Tous ne sont pas d'une rigueur absolue. Certains sont même partis avec la caisse et le gendarme de la bourse, l'AMF, a multiplié ces derniers mois, les mises en garde. Aussi faut-il se renseigner sur leur solidité financière et leur sérieux.      

Mais le Forex fait aujourd'hui rêver de plus en plus de particuliers qui se ruent sur ce marché encore balbutiants il y a cinq ans. Les européens constituent les deuxièmes intervenants particuliers sur ce marché, avec 30% des transactions, derrière les asiatiques (40%), mais devant les américains (20%). Au total, aujourd'hui, 13% des 1500 milliards de dollars échangés quotidiennement sur le Forex le sont par les particuliers et au niveau mondial, ce marché croit de 33% par an depuis 2007, selon une étude du groupe Celent.

Les principaux intermédiaires sont FXCM, Oanda, Saxo Banque, Citi, FxPro, IG Markets et Interactive Brothers. En France, ce marché compterait environ 40 000 clients actifs selon le président de Saxo Banque Pierre-Antoine Dusoulier. Et le marché des transactions s'est envolé avec la volatilité accrue de ces derniers mois. Ce qui fait qu'aujourd'hui, un opérateur comme Saxo Banque, peut réaliser jusqu'à 10 milliards d'euros de volume de transactions mensuel !

Que cherchent ces investisseurs ? Des gains rapides et... le grand frisson. En effet, sur ce marché, il est possible avec un deposit de quelques milliers d'euros d'intervenir sur plusieurs dizaines de milliers d'euros, voire plusieurs centaines.

Plusieurs particuliers « day-cambistes » interviendraient mêmes sur des millions d'euros, depuis chez eux, grâce à l'effet de levier (jusqu'à 100 fois) qui est permis en France (mais pas aux Etats-Unis). Cela s'explique : « 20% de nos clients en France sont d'anciens professionnels des marchés ou de la finance » explique Pierre-Antoine Dussoulier, président de Saxo Banque. Leur arme favorite ? Les « paires » de devises, et parmi elles, le couple euro-dollar, et l'euro-franc suisse. Le premier parce qu'il est le plus liquide avec 400 milliards d'euros de transactions quotidiennes. Le second parce qu'il est le plus lisible : Francfort est plus proche que Washington et la politique monétaire suisse est plus simple à décrypter que celle du Japon !

Les gains espérés obéissent à ces deux logiques. D'un coté, l'effet de levier permet de multiplier par dix, vingt, voire cent, les gains et les pertes par rapport au cash immobilisé. De l'autre, les devises sont souvent considérées comme plus simples à analyser que les actions. Elles dépendent de nouvelles macro-économiques, qui semblent faciles à prévoir. Même si, de plus en plus, leurs évolutions sont polluées par les interventions des banques centrales des grandes zones monétaires.

De plus en plus décisives et rapprochées, elles peuvent prendre complètement à revers les marchés, et donc, les particuliers aventurés sur le Forex. Cela a été le cas, le 8 septembre 2011 dernier, avec la décision de la banque centrale suisse de lutter contre la montée continuelle de sa monnaie face à l'euro. Les cambistes qui pariaient sur une poursuite de l'appréciation du Franc suisse face à l'euro en ont été pour leur frais et ont perdu beaucoup d'argent...

Ces mésaventures sont parfois en décalage complet avec l'image de ce marché, où se créent de nombreux sites, aux publicités trop positives, qui présentent le Forex comme un marché où on ne perd presque jamais. « Cela ne convient pas, » prévient Nathalie Lemaire, directrice des relations avec les épargnants de l'AMF, « à la cible de clientèle très large visée par ces publicités, qui est en règle générale peu avertie des risques encourus sur ce type de marché » !

Le saviez-vous ?

Un marché sous surveillance

L'Autorités des marchés financiers (AMF) a bien du mal à rendre transparent le marché du Forex français, encore en plein essor. Depuis 2010, le régulateur a multiplié les mises en gardes contre des pratiques suspectes (publicités trop alléchantes...). Mais certains sites continuent de proposer des services sans agrément, alors même que cela est passible d'un trois ans d'emprisonnement et de plus de 375 000 euros d'amende. Le mieux est donc de vérifier auprès du site internet REGAFI (registre des agents financiers) la réalité de l'agrément officiel.

 

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