samedi, 27 mai 2017

Krach de la tulipe, 1er krach boursier

La version du « krach » : une bulle financière dans la Hollande du XVIIe siècle

L'idée d'un « krach de la tulipe », survenu en février 1637 sur des marchés à terme ayant pris cette fleur pour objet de leurs transactions dans la Hollande d'alors, a été développée et illustrée par le journaliste britannique Charles Mackay, dans un ouvrage de 1841 intitulé « Extraordinary Popular Delusions and the Madness of Crowds » (« Les délires collectifs extraordinaires et la folie des foules »).

Cet ouvrage, qui présente l'effondrement des cours de la tulipe qui se produisit effectivement en Hollande en février 1637 comme une véritable crise financière impliquant l'éclatement d'une bulle spéculative, a connu un grand succès auprès des économistes depuis lors. Après le krach de l'année 1987 encore, l'économiste Kenneth Galbraith fit de la crise de la tulipe et de l'analyse de Charles Mackay la clé d'une démonstration plus générale, dans son livre « Brève histoire de l'euphorie financière ».

Si la crise de la tulipe sert à nouveau de référence chaque fois qu'une crise financière d'envergure se déclare (crise asiatique de 1997-1998, éclatement de la bulle internet en l'an 2000, crise financière des années 2007-2008), cette version des faits est contestée par de nombreux économistes, notamment en regard de l'analyse des sources documentaires partielles ou partiales qui furent utilisées par C. Mackay, des sources documentaires s'originant de ce que les Néerlandais calvinistes de l'époque avaient eux-mêmes appelé, pour faire valoir leur réprobation, « commerce du vent » (« Windhandel »).

 

Un réel effondrement des cours de la tulipe

Venue de Turquie, la fleur de tulipe fit son chemin à travers l'Europe dans le courant du XVIe siècle et commença d'être étudiée et cultivée par des botanistes, dans le cadre de l'université de Leyde en Hollande, à partir de l'année 1593. Très vite ce ne sont plus seulement des universitaires qui s'intéressent à cette plante, et de simples horticulteurs en développent d'infinies variétés inédites.

Les foyers bourgeois et aristocratiques de toute la Hollande, mais aussi des différentes cours d'Europe, veulent à leur tour posséder et cultiver des tulipes. Mais ces tulipes ne fleurissent qu'au printemps, et des marchés à terme organisés sur les promesses d'achat et de vente de « bulbes » de tulipe voient le jour dans les années 1630, en dehors de la Bourse d'Amsterdam elle-même : les transactions ont lieu dans les auberges de différentes villes (en particulier, la ville d'Haarlem), parfois devant notaire, sans dépôt de garantie, et bien sûr sans « appel de marge ».

Très vite les promesses de livraison se trouvent déconnectées des quantités réelles, et les cours de la tulipe s'effondrent en février 1637, des milliers de Hollandais se trouvant alors ruinés. Selon Mackay et l'ensemble de ses thuriféraires, une crise économique d'importance aurait alors duré plusieurs années. Des actes écrits prouvent en tout cas qu'au plus fort de la « tulipomanie » qui aurait ainsi saisi le peuple hollandais dans son ensemble en plein XVIIe siècle, le bulbe de tulipe se négociait pour un montant égal à 15 fois le salaire annuel d'un artisan, une variété de tulipe ayant atteint le prix de 6700 florins en février 1637, alors que la tonne de beurre ne valait que 100 florins environ.

 

Remises en cause de cette orthodoxie

De nombreux économistes, issus en particulier de courants de pensée tenants de l'efficience naturelle des marchés et globalement hostiles à la théorie des « bulles », ont tenté de démontrer que le « krach de la tulipe » n'avait pas eu les conséquences désastreuses que Mackay et d'autres lui avaient prêté. Selon ces auteurs, l'extraordinaire hausse des cours des tulipes intervenue à l'automne 1636 aurait eu pour cause la promulgation d'un décret du parlement hollandais, qui aurait transformé les contrats à terme portant sur les bulbes en des transactions sans risque, sans obligation d'achat pour les contractants.

Lorsque les cours se sont effectivement effondrés, les acheteurs à terme n'auraient pas réellement été ruinés, puisque les contrats qui les engageaient se seraient beaucoup plus apparentés à des options qu'à des contrats à terme. Aucune crise économique durable ne s'en serait suivie.

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