Les principales pertes boursières de l'histoire

De la spéculation à l'excès

On peut considérer que la spéculation n'est pas le « Grand Satan » que nous décrivent certains discours simplificateurs, mais au sens le plus général un instrument de régulation des marchés financiers.

Même le raid de Georges Soros réalisé au seul profit de ce spéculateur « contre » la livre sterling en septembre 1992 (la vente à terme de l'équivalent de 10 milliards de livres sterling qui poussa la Banque d'Angleterre à dévaluer sa monnaie) peut objectivement être considéré comme un rétablissement de l'équilibre du marché (alors que la livre sterling était en effet sortie du Système Monétaire Européen d'alors).

La spéculation devient cependant  un frein au développement des affaires lorsqu'elle franchit les limites de la loi.

Pour les professionnels, la tentation de franchir ces limites peut exister, notamment lorsque des opérations sur les mêmes marchés sont accomplies en sens contraire (couverture et arbitrage) et/ou sur la base d'un effet de levier  jouant au maximum (c'est-à-dire en n'engageant que des garanties minimes sur des transactions d'un montant beaucoup plus élevé).

Des chutes brutales guettent toujours les paris trop risqués, quand ce n'est pas de l'escroquerie pure et simple qui est en cause. Une liste décroissante des plus importantes pertes boursières de l'ère moderne de la finance (depuis le grand mouvement de libéralisation des marchés de la fin des années 1980) peut être établie.

Pertes, établissements impliqués et marchés en cause

En deçà du record absolu établi par le fonds Madoff à la fin de l'année 2008 (évaporation de 50 milliards de dollars sur toutes une série de placements... jamais réalisés), on peut rappeler les éléments suivants : en 2006, un trader d'Amaranth Advisors cause la faillite de cette société en pariant sur des Futures de gaz naturel (perte : 6,5 milliards de dollars).

En 2006-2007, Jérôme Kerviel fait perdre 5 milliards d'euros à la Société Générale sans même empocher un centime (en omettant de prendre les positions de couverture qu'il était pourtant officiellement chargé de prendre).

En 1990 et certes un peu en marge des pures activités boursières, le Crédit Lyonnais chute pour une facture de 5 milliards de dollars issue d'un prêt accordé en vue de racheter les studios de cinéma MGM.

En 1998, c'est également pour un montant de 5 milliards de dollars (renfloués par les plus grandes banques d'investissement) que chute, cette fois-ci pour de pures erreurs d'appréciation sur les marchés à terme de taux d'intérêt, la société LTCM (Long Term Capital Management).

En 1995, c'est un homme seul, Nick Leeson, qui fait perdre 1,4 milliard de dollars à son employeur, la banque d'affaires Barings, un montant deux fois plus élevé que  celui des fonds propres de cette banque (qui déposera son bilan). Non content d'avoir dissimulé des pertes qui s'accumulaient sur un compte secret de Singapour, Leeson prit un « short » faramineux (ordre d'achat) sur le Nikkei à la veille du tremblement de terre de Kobe. Or le Nikkei s'effondra durablement dans l'immédiat après-coup d'une telle catastrophe.

Au-delà de ces quelques points de repères dont les échos médiatiques furent importants, la liste des pertes enregistrées par des établissements bancaires ou des salles de marché est longue :

  • en 1996 sont perdus 2,6 milliards de dollars par la Sumitomo Corparation sur des produits dérivés adossés au cuivre 
  • en 1993 avaient été perdus 1,6 milliards de dollars par l'allemand Metallgesellschaft sur des Futures liés au pétrole
  • en 2001 a été perdu 0,5 milliard de dollars par la banque Dexia sur de simples obligations privées, etc.

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Arnaud Jeulin Responsable de la publication, Trader

Après un diplôme d'ingénieur, Arnaud a commencé une carrière de développeur. Il a travaillé avec des traders et des services de back office pour mettre en place des prototypes et des outils de trading. Il a ensuite créé sa propre entreprise en 2003.

Il a été responsable du webmarketing pour la Banque en ligne Suisse Synthesis, depuis rachetée par Saxo Bank. Il a aussi fait des audits pour différents brokers et participé à plusieurs salons professionnels pour les courtiers à Londres, Paris et Chypre.

Depuis 18 ans Arnaud a approfondi sa connaissance des brokers et des marchés, il utilise son expérience pour améliorer Mataf afin d'éviter d'orienter les visiteurs vers des brokers malhonnêtes ou des stratégies de trading dangeureuses.

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