Le fonctionnement des options en finance et investissement

Les options ne sont pas des titres, mais des contrats. Des contrats d'achat, qu'on appelle alors des « Calls », et des contrats de vente, qu'on appelle alors des « Puts », qui donnent le droit, pour un Call, d'acheter, ou, pour un Put, de vendre un actif à un prix fixé.

Les options ne sont pas des instruments de financement des entreprises. Elles ne sont pas émises par elle, d'ailleurs, et n'ont pour but que de faire gagner de l'argent à leur souscripteur en profitant de variations de cours. Eh oui, soyons francs : les options, c'est de la pure spéculation !

L'option est donc un droit, qui obéit à certaines règles. Il permet d'acheter ou de vendre un actif (qu'on appellera le sous-jacent) à un certain prix, à un certain moment (c'est option « européenne ») ou à n'importe quel moment jusqu'à une date donnée (c'est option « américaine). Le prix payé par l'acheteur de cette option s'appelle la prime.

L'acheteur de cette option est libre d'exercer son droit (acheter ou vendre) : qu'il le fasse ou non, le vendeur, lui, garde la prime... Tout va donc dépendre de la direction que croit détecter l'investisseur. S'il pense que le cours du sous-jacent va monter, il va acheter un Call, une option d'achat. S'il pense qu'il va baisser, il vaut mieux qu'il achète une option de vente, un Put...

Des contrats standardisés...

Comme cela fonctionne ? Prenons une option de vente d'une action à un prix d'exercice de 100 euros. La prime de cette option a été fixée à 5 euros. Si le cours de la valeur reste au dessus de 100 euros, son acheteur ne va pas l'exercer. A l'échéance, le vendeur aura empoché les 5 euros et l'acheteur n'aura pas exercé son droit. En revanche, si le cours passe sous la barre des 100 euros, le détenteur de l'option exercera son droit de vendre au prix de 100 euros.

Le vendeur de l'option sera contraint de les lui acheter à 100 euros. Même si elles ne valent que 50 euros sur le marché. Dans ce cas, le bénéfice du détenteur de l'option sera de 50 euros, desquels il soustraira les 5 euros que lui a coûté son option, soit 45 euros de bénéfice.

Toutes les grandes places financières ont leur marché d'options : le CBOE à Chicago, Nyse-Euronext Liffe à Londres, Eurex à Francfort... Ces contrats sont standardisés, c'est-à-dire qu'ils répondent à un certain nombre de caractéristiques clairement identifiées : supports choisis, prix d'exercice, échéances, etc. Une chambre de compensation assure la bonne exécution des transactions entre vendeurs et acheteurs.

...mais pas très ouverts aux particuliers

C'est un marché très concentré : Eurex et Nyse-Euronext Liffe comptaient en 2011 pour 94% du trading sur les options sur actions en Europe, selon les chiffres de la fédération des Bourses européennes (qui n'incluent pas les échanges de gré à gré).

C'est un marché qui est aussi très technique. Et, finalement, pas très ouvert aux particuliers. Les courtiers qui permettent à leurs clients d'accéder à Euronext Liffe exigent en effet des garanties très élevées. Et préfèrent souvent orienter leurs clients particuliers vers les warrants ou d'autres produits dérivés, moins techniques... Tous les vendeurs d'options sont en effet obligés de « couvrir » leurs positions, c'est-à-dire qu'ils s'engagent à être capables de racheter leurs titres plus chers qu'ils ne valent en Bourse.

Imaginons la vente à 2 euros d'une option de vente, exercice 47,5 euros, d'une action en valant 50. Si le cours de l'action baisse de 20%, le vendeur perd, lors de la transaction, 7,5 euros. Le teneur de marché doit s'assurer que le vendeur est capable d'encaisser cette perte. C'est pourquoi Nyse-Euronext a mis en place des coupe-circuits. Ils permettent aux investisseurs de reconstituer une « couverture », calculée par l'opérateur, et prélevée sur-le-champ.

C'est un marché qui manque aussi beaucoup de transparence, selon ses détracteurs. En effet, comme il n'y a pas toujours un vendeur en face de chaque acheteur, ce sont les banques elles-mêmes qui « tiennent le marché » en s'engageant à réaliser toutes les transactions en cours, même quand personne n'est volontaire pour être la contrepartie de l'ordre d'achat ou de vente. Ils doivent donc veiller à ce qu'il y ait des « fourchettes de prix » raisonnables entre prix d'achat et prix de vente de l'option. Ce qui n'est pas toujours le cas.

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Arnaud Jeulin Responsable de la publication, Trader

Après un diplôme d'ingénieur, Arnaud a commencé une carrière de développeur. Il a travaillé avec des traders et des services de back office pour mettre en place des prototypes et des outils de trading. Il a ensuite créé sa propre entreprise en 2003.

Il a été responsable du webmarketing pour la Banque en ligne Suisse Synthesis, depuis rachetée par Saxo Bank. Il a aussi fait des audits pour différents brokers et participé à plusieurs salons professionnels pour les courtiers à Londres, Paris et Chypre.

Depuis 18 ans Arnaud a approfondi sa connaissance des brokers et des marchés, il utilise son expérience pour améliorer Mataf afin d'éviter d'orienter les visiteurs vers des brokers malhonnêtes ou des stratégies de trading dangeureuses.

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