mardi, 4 août 2020

Profiter des interventions des banques centrales

Les banques centrales sont les organes publics qui, dans chaque pays, contrôlent la création monétaire. Si elles n'en créent pas assez, elles ralentissent la croissance. Si elles en créent trop, elles accroissent l'inflation. Elles doivent aussi avoir un oeil sur les échanges internationaux où leur monnaie intervient. C'est ce qui les rend intéressantes pour les Traders qui opèrent sur le Forex...

Deux séances de Forex !

Car les banques centrales sont des géants aux pieds d'argiles. Malgré leurs pouvoirs, elles disposent d'une force de frappe limitée : leurs réserves (un peu plus de 8000 milliards de dollars) ne représentent que deux journées d'échanges sur le Forex ! Pourtant, elles continuent d'avoir une forte influence sur les marchés, en créant ou en retirant de la liquidité.

C'est ce qu'elles ont fait depuis 2007, depuis le déclenchement de la crise des subprimes. D'autres pratiquent ce genre d'intervention depuis plus longtemps encore : c'est le cas de la Chine, qui contrôle étroitement sa monnaie et sa création monétaire, et du Japon, qui a tenté de relancer son économie pendant plusieurs décennies en émettant des quantités énormes de Yen qui lui ont servi à acheter du dollar. Plus récemment, après le déclenchement de la crise des subprimes en 2007, la Réserve fédérale américaine a lancé des programmes de création monétaire de très grande ampleur : les Quantitative Easings (QE1 à QE4).

D'autres moyens de contrôler le domaine d'intervention des banques centrales (surveillance de la masse monétaire et des changes du pays) est de réguler davantage les opérations sur la monnaie. La Corée l'a fait à travers une régulation accrue du trading de sa monnaie. Le Brésil l'a aussi fait, mais en instituant une taxe sur les transactions monétaires internationales ou sur ses obligations (Elle atteignait 6% en octobre 2010).

Les conséquences sur le Forex

Les banques centrales, lorsqu'elles augmentent leurs taux, créent de véritables mouvements de fonds sur les marchés, dans la mesure où tous les spéculateurs veulent profiter du différentiel qui s'est créé entre cette devise et celles qui offrent de moins bons taux. Mais une hausse des taux rend aussi les investissements et la croissance plus coûteuse, ce qui peut conduire à un ralentissement de l'économie. Lorsqu'elles baissent leurs taux, elles cherchent à rendre leurs économies moins attractives pour les spéculateurs. Mais elles relancent l'économie et peuvent créer de l'inflation. Ces décisions peuvent surprendre les marchés. Mais il faut savoir qu'à plus long terme, elles ont très peu d'influence sur une tendance longue qui était déjà bien marquée. A moins que cela ne modifie complètement la politique du pays. Cela a été le cas deux fois au cours de l'année 2013.

La fin du QE3 ?

Une première fois en mai 2013 par la décision, confirmée fin juin 2013, d'un coup d'arrêt à la politique d'argent facile aux USA. Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale a reconnu qu'il allait réduire son programme de rachat de dette publique et de titres adossés à des créances immobilières pour 85 milliards de dollars par mois puisque le marché du travail continuait à donner des signes d'amélioration. Quelques jours après, une série de difficultés dans la zone Euro (troubles en Turquie, problèmes en Grèce…) a mis fin à une phase de hausse de l'Euro face au dollar et à une inversion de tendance, avec une baisse de l'euro face au dollar, dans les premiers jours de juillet. Les Traders ont massivement suivi ces mouvements accentuant les décrochages à chaque fois et profitant de l'écart entre les deux monnaies.

Inégalités

Ces politiques des banques centrales augmentent les inégalités entre pauvres et riches, les premiers étant incapables de profiter des conditions nouvelles de financement ou des opportunités ouvertes par ces décisions. Une étude du Pew Research Center a ainsi démontré que les 7% les plus riches de la population américaine ont profité la reprise économique américaine de 2009 à 2011, avec une fortune en hausse de 28%, alors que le patrimoine des 93% restants a reculé de 4%.

L'explication est simple : les banques ont continué à ne prêter qu'aux riches, qui ont pu acheter dans de meilleures conditions : dans l'immobilier, par exemple, les prix s'étaient écroulés de 40 à 50% dans certaines villes. Un des plus importants milliardaires américains, le tycoon Donald Trump, la d'ailleurs déclaré publiquement, sur la chaîne CNBC : « les gens comme moi en ont bénéficié »!

En suivant bien les annonces des banques centrales, certains traders sur devises ont pu, eux aussi, bénéficier des effets de cette politique en jouant les différentiels de réaction des banques centrales selon les zones monétaires… En douze mois, entre juillet 2012 et juillet 2013, l'euro n'est- il pas passé de 1,2088 à 1,33 dollars mois ?

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