Analyser le marché des changes à partir de l'analyse technique

LES CONFIGURATIONS GRAPHIQUES

L’analyse technique permet, à travers des méthodes relativement simples basées sur les études graphiques, de comprendre les mouvements financiers à court et moyen terme. Il s’agit d’une analyse pure du passé ayant pour but principal de prévoir l’avenir par la reconnaissance de certains « patterns » (combinaisons). S’il reste exceptionnel que l’estimation calculée soit parfaitement exacte, l’utilisation des principes de base de l’analyse technique permettra certainement de réduire les risques et de trouver de bons points d’entrée et de sortie sur les cross de devises traités. Mais utiliser l’analyse technique c’est accepter que l’évolution future des cours ne se trouve pas à coup sûr dans l’analyse des cours passés, d’où la nécessité de mêler technique, expérience, intuition et money management lorsque l’on intervient sur les marchés. De plus, l’analyse technique n’est en aucun cas indispensable pour traiter sur le Forex. Si elle donne des indications et des pistes, nombreux investisseurs se contentent d’observations basiques et de trades spéculatifs sur les annonces.

LA CONNAISSANCE DES PRIX ET DES VOLUMES

La configuration graphique nécessite la connaissance de certains critères, notamment la connaissance des prix et des volumes :
  • L’ouverture : il s’agit du cours d’ouverture d’une devise par rapport à une autre sur une période donnée. Les devises étant cotées en continu, il n’y a pas de réel cours d’ouverture du marché. Les investisseurs peuvent cependant choisir eux-même leurs périodes d’étude (tous les jours à minuit ou toutes les 30 minutes) au travers des graphiques en chandeliers japonais par exemple (voir ci-après).
  • La clôture : qui correspond au cours de fermeture d’une devise par rapport à une autre sur une période donnée. Le caractère continu du Forex nous fait émettre les mêmes remarques que pour le cours d’ouverture.
  • Le haut : il s’agit du cours le plus haut atteint par un cross sur une période donnée.
  • Le bas : par opposition, il s’agit du cours le plus bas atteint par un cross sur une période donnée.
  • Le bid : il s’agit du cours auquel un opérateur peut vendre la devise de base d’un cross (par exemple l’EUR dans le cross EUR/USD)
  • L’ask : il s’agit du cours d’achat de la devise de base d’un cross.
  • Le volume : il correspond au montant total des transactions effectuées sur une période donnée. Il est souvent corrélé avec les fluctuations de cours.
  • Les positions ouvertes : il s’agit des positions qui n’ont pas encore été clôturées. Par exemple : lorsque vous achetez 100 000 USD/JPY, vous avez une position ouverte sur l’USD/JPY jusqu’à ce que vous l’ayez liquidée en vendant 100 000 USD/JPY.

LES GRAPHIQUES

Il existe différents types de graphiques permettant de suivre l’évolution des « cross » traités ou de repérer des points de sortie et d’entrée sur le marché. Certains d’entre eux proposent des options particulières et nécessitent donc une lecture spécifique. Nous présenterons ici les trois graphiques les plus fréquemment utilisés par les investisseurs. Avant cela, précisons que :
  • L’axe horizontal correspond à l’axe du temps
  • Une ligne horizontale sur le graphique indique le cours actuel du cross traité.
  • L’axe vertical à droite du graphique indique les prix. Il existe deux types d’échelle pour les prix : l’échelle arithmétique ou l’échelle semi-logarithmique. La première est la plus commune, cependant la seconde peut-être utile lorsqu’il s’agit d’observer des tendances sur le long terme.

LES GRAPHIQUES EN CONTINU

  Il s’agit de la représentation la plus commune et la plus simpliste des cours : tous les points sont reliés entre eux par une ligne, constituant au final une ligne « continue ». Les points correspondent en général au cours de clôture d’un « cross ». Ce graphique a pour principal avantage de donner à ses lecteurs un aperçu rapide et limpide des tendances. Le graphique ci-dessous vous présente le cours de l’USD/JPY en continu. Vous pouvez rapidement constater les écarts de variation de ce cours d’une période à l’autre. Chaque période sur ce graphique correspond à 30 minutes. Les points qui ont permis de tracer la ligne continue correspondent donc à la dernière valeur atteinte par le cross USD/JPY sur une période de trente minutes. Le trait horizontal en rouge représente le cours spot de l’USD/JPY.

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LES GRAPHIQUES EN BARRES

  Ces graphiques fournissent aux traders des informations supplémentaires comparés aux graphiques en ligne : le cours le plus haut, le cours le plus bas, le cours à la clôture et à l’ouverture. Pour cette raison, ils sont bien plus utilisés. Les points sont ici remplacés par des barres où :
  • le haut de la barre indique le prix le plus haut de la période,
  • le bas de la barre indique le prix le plus bas,
  • un tiret accolé sur la droite de la barre indique le prix de clôture,
  • un tiret accolé sur la gauche de la barre indique le prix d’ouverture.

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La graphique ci-dessus correspond au cours de l’USD/JPY sur 30 minutes. Vous pouvez y remarquer l’ensemble des informations énoncées précédemment. Si vous reliez entre eux l’ensemble des tirets situés à droite de la barre, vous retrouverez le graphique en continu étudié précédemment.

LES CHANDELIERS JAPONAIS

  Le graphique en chandeliers japonais se présente également sous forme de barres donnant les informations du cours le plus haut, le plus bas, du cours de clôture et du cours d’ouverture sur une période donnée. Mais ces informations sont présentées différemment. Tout d’abord, la barre constitue le « corps » du chandelier. Il est généralement noir si l’ouverture est supérieure à la fermeture, et blanc dans le cas inverse. Ainsi, le haut de la barre sera le prix d’ouverture si la barre est noire et le prix de clôture si la barre est blanche, et inversement. Un trait s’élevant au-dessus du corps, indique le cours le plus haut de la période, et un trait descendant en dessous du corps, indique le cours le plus bas. Ce trait est appelé « ombre ». Sur le graphique en chandeliers japonais, on distingue les corps des grands chandeliers. Ces derniers apparaissent lorsque les prix ouvrent près du point haut (ou du point bas) et clôturent à des niveaux significativement inférieurs (ou supérieurs), près du point bas (ou du point haut) de la période.

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L’utilisation des chandeliers simplifie donc la lecture entre prix d’ouverture et de clôture. Les chandeliers peuvent également prendre plusieurs formes. Par exemple, si le cours d’ouverture est égal au cours de fermeture, le chandelier ne sera plus qu’une simple croix que l’on nommera alors un « doji ». Le graphique ci-après représente le cours de l’USD/JPY en 30 minutes. Vous pouvez remarquer trois dojis dans la journée du 14 janvier. Chaque barre représente donc les variations du cours de l’USD/JPY sur une période de trente minutes.

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Lorsque les chandeliers sont verts, cela indique que le cours de l’USD/JPY a augmenté pendant la période, s’ils sont rouges, cela indique que le cours a baissé.

QUELQUES CONFIGURATIONS GRAPHIQUES

CONFIGURATION HAUSSIÈRE

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CONFIGURATION BAISSIÈRE

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NOTES IMPORTANTES À PROPOS DES CHANDELIERS JAPONAIS :

  • Les chandeliers doivent être utilisés combinés à d’autres outils d’analyse graphique. Ils ne suffisent pas à eux seuls à donner de bons signaux d’achat/vente.
  • Les formations de chandeliers sont plus pertinentes lorsqu’elles apparaissent lors de nouveaux plus hauts/bas sur le marché.
  • Les formations de chandeliers sont plus pertinentes sur de longues périodes de temps. Choisissez au minimum un graphique en 4H.
  • Beaucoup de formations sont valables pour des ouvertures/fermetures de marché. N’oubliez pas que le Forex cote en continu…
L’observation des graphiques permet d’établir un certain nombre de constats qui peuvent vous servir dans vos propres analyses des cours des devises.

LES PHÉNOMÈNES DE SUPPORT ET RÉSISTANCE

Le Forex étant un marché plus psychologique que les autres, l’analyse des supports et des résistances est particulièrement pertinente. Ils représentent des sortes de barrières psychologiques sur lesquelles les cours butent à plusieurs reprises.
  • Lorsque le cours d’un cross ne parvient pas à casser à la baisse un certain seuil (le support), on considère que les acheteurs contrôlent les prix en s’opposant à une poursuite de la baisse. Un support est en pratique une ligne continue rejoignant plusieurs plus bas : celle-ci représente le cours auquel les acheteurs rentreront sur le marché car ils considèrent qu’il s’agit du meilleur point d’entrée sur le marché.
  • Lorsque le cours d’un cross ne parvient pas à casser à la hausse un certain seuil (la résistance), on considère que ce sont les vendeurs qui contrôlent les prix. Une résistance est donc en pratique une ligne continue rejoignant plusieurs plus hauts.
Il est possible d’envisager des stratégies d’achat au niveau d’un support et de vente au niveau d’une résistance. Cependant, automatiser ces processus d’achats/ventes reste une pratique dangereuse. En effet, lorsque les anticipations des investisseurs changent de manière brutale (lors d’annonces par exemple), les cours cassent ces seuils psychologiques et l’on assiste à une accélération de la tendance du marché. De manière générale, on peut dire qu’un support cassé est un signal fort de poursuite de la tendance baissière et qu’une résistance cassée est un signal fort de poursuite de la tendance haussière. Dans ces conditions, on constate qu’une cassure conduit fréquemment à la définition d’un nouveau support et d’une nouvelle résistance lors de la période de consolidation. Il arrive même couramment qu’une résistance devienne le nouveau support d’un « cross » (et vice versa).
Exemple : le graphique ci-dessous, en chandelier japonais, représente le cours de l’EUR/USD avec des périodes d’un jour. On y observe très clairement les phénomènes de résistance et de support. Ici, la résistance se situe à un cours de 1.2920/30  et le support à un cours de 1,2490/2500. Ainsi, on peut constater que le cours de l’EUR/USD évolue dans un « tunnel ».

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LES TENDANCES

Alors que les supports et résistances sont considérés comme des « barrières aux changements », les tendances représentent des canaux directionnels. On trouve cependant des tendances au sein des tunnels support/résistance et les tendances représentent en fait une succession de supports cassés (tendance baissière) ou de résistances cassées (tendance haussière). Lorsqu’un marché suit une tendance haussière, on parle de « bull market » ; à l’inverse, quand il suit une tendance baissière, on parle de « bear market ».
Exemple : le graphique ci-dessous montre les grandes tendances sur le cours de l’EUR/USD avec des périodicités quotidiennes. On observe alors deux phases majeures : une tendance haussière sur l’EUR de janvier 2007 à l’été 2008, puis une tendance baissière depuis le mois de juillet 2008.

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LES INDICATEURS TECHNIQUES

Une fois la lecture des graphiques assimilée, nous pouvons désormais nous pencher sur quelques indicateurs plus techniques constituant de bonnes bases pour orienter dans vos processus d’achat et de vente. Les indicateurs sont en fait des calculs généralement mathématiques dont les résultats, représentés sous forme de courbes, servent à anticiper l’évolution future des cours. Bien sûr, ils ne donnent pas des informations fiables dans tous les cas et doivent être utilisés avec parcimonie en complément des autres informations à votre disposition.

LES MOYENNES MOBILES

Les moyennes mobiles sont des indicateurs très utilisés dans l’analyse technique. Elles indiquent la valeur moyenne du cours d’un cross sur une période donnée. Il existe sept moyennes mobiles différentes mais nous ne traiterons ici que les plus courantes : la moyenne mobile simple et la moyenne mobile exponentielle.

LA MOYENNE MOBILE SIMPLE

Lorsque l’on utilise une moyenne mobile simple, il s’agit en fait de calculer la moyenne arithmétique des cours de clôture d’un cross sur un total n de périodes choisies. Ainsi, en considérant une périodicité journalière et un nombre de périodes n = 10, la moyenne mobile (qui correspond donc à un prix moyen) sera égale à la somme des cours de clôture du cross lors des dix derniers jours, divisée par 10. Ce calcul est ensuite répété à chaque nouvelle période. La moyenne mobile ne pourra donc être calculée qu’à partir de la dixième période. La moyenne mobile d’un cross est généralement représentée graphiquement par une ligne continue évoluant en temps réel sur le graphique du cross en question. La comparaison du cours spot et de sa moyenne mobile peut constituer un bon indicateur de changement de tendance. Ainsi, lorsque le cours du cross croise sa moyenne mobile par le bas, c’est-à-dire lorsque le cours du cross devient supérieur à sa moyenne mobile, on considère que les intervenants ont revu à la hausse leur anticipation sur la devise de base, et c’est un signal d’achat (et inversement si le cours du cross croise sa moyenne mobile par le haut). Certains logiciels décèlent automatiquement ces signaux d’achat/vente et peuvent être utilisés en complément des plateformes de trading. En utilisant cet indicateur, vous « collerez » toujours aux tendances du marché. Par contre, le risque est de prendre position trop tardivement sur le marché et de se priver du même coup de plus-values potentielles. Ceci est surtout vrai pour des moyennes mobiles sur de courtes périodes qui ne décèlent pas de vraies tendances long terme. La moyenne mobile simple agit également comme un lisseur des données et permet donc une meilleure visualisation des tendances sur un graphique, notamment des tendances à long terme. Le graphique ci-dessous représente le cours de l’EUR/USD en quotidien avec une moyenne mobile simple à 12 jours. On remarque bien que lorsque la courbe de la moyenne mobile croise de façon marquée la courbe de l’EUR/USD cela constitue des signaux d’achat et de vente pertinents. En revanche, on peut également constater que ces signaux sont légèrement « retardés » par rapport à l’évolution du cours du cross. Si l’utilisation de la moyenne mobile permet donc de limiter les risques d’erreur, elle ne permet pas systématiquement d’acheter ou de vendre au cours optimal.

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LA MOYENNE MOBILE EXPONENTIELLE

Contrairement à la moyenne mobile simple qui donne une importance équivalente aux cours de clôture des n périodes précédentes, la moyenne mobile exponentielle est une moyenne pondérée de ces n cours de clôture. Ainsi, les cours les plus anciens sont affectés d’un coefficient inférieur aux cours récents. Il s’agit donc essentiellement de choisir le type de pondération que l’on souhaite appliquer. La méthode est la suivante : sur un total de 100 %, l’investisseur décide du poids p1 qu’il va donner au cours de clôture du jour. Le pourcentage restant (soit p2 = 100% – p1) va être multiplié à la moyenne mobile exponentielle de la veille. Ces deux résultats sont ensuite additionnés pour donner la moyenne mobile exponentielle. Reste à déterminer le pourcentage p1 à choisir. Pour cela, on retient en général la formule suivante :

p1 = 2 / (périodes + 1)

Ainsi, pour une période de 4 jours par exemple, on aura :

p1 = 2 / (4 + 1) = 0,4 soit 40 %

On peut en déduire le pourcentage à appliquer à la moyenne mobile exponentielle de la veille,

i.e p2 = (1 – 0,4) = 0,6 soit 60 %

et pour finir, on aura donc :

moyenne mobile exponentielle = 0.4* clôture + 0.6* moyenne mobile exponentielle de la veille.

Un grand nombre d’investisseurs préfère d’ailleurs se servir du nombre de périodes dans le calcul de la moyenne mobile exponentielle. Ainsi, en reprenant l’exemple ci-dessus, les investisseurs parleront d’une moyenne mobile exponentielle à 4 jours. Les interprétations de la moyenne mobile exponentielle sont en tous points identiques à celle de la moyenne mobile simple. Il dépend donc de vous de choisir le poids que vous voulez donner aux informations passées. Bien que les moyennes mobiles soient des indicateurs très répandus, d’autres indicateurs peuvent être utilisés en complément afin d’approfondir votre analyse.

LES MACD (CONVERGENCES ET DIVERGENCES DE MOYENNES MOBILES)

Le MACD est basé sur la différence entre deux moyennes mobiles exponentielles de périodes distinctes, en général celle à 12 jours diminuée de celle à 26 jours. Le résultat est donc une valeur oscillant autour d’une ligne zéro, ce qui nous permet d’effectuer l’analyse suivante :
  • Si le résultat est positif (la moyenne mobile à 12 jours est supérieure à celle à 26 jours), cela est significatif d’un mouvement haussier.
  • Si le résultat est négatif, cela est significatif d’un mouvement baissier.
On compare alors cette fonction avec sa propre moyenne mobile exponentielle à 9 jours (attention, il s’agit de la moyenne mobile du MACD à 9 jours, et non de celle du cours du cross !) en superposant ces deux courbes sur le même graphique. La courbe du MACD à 9 jours est appelée ligne de « signal » ou de « déclenchement » car lorsqu’elle croise la courbe du MACD, cela indique généralement que le MACD va converger vers la ligne zéro. Ainsi, lorsque le MACD passe au dessus de cette ligne, cela constitue un signal d’achat, et lorsque le MACD passe en dessous, c’est un signal de vente. Ces informations peuvent également être matérialisées par un système de flèches achat/vente, selon le logiciel de trading que vous utilisez. Le graphique suivant peut être décrit ainsi :
  • la partie supérieure du graphique représente le cours de l’EUR/USD
  • la partie inférieure correspond à l’étude du MACD où :la courbe gris foncé correspond au MACD et la courbe gris clair correspond à la moyenne mobile du MACD à 9 jours.
Les informations fournies par les croisements de ces deux courbes (les signaux d’achat/vente) sont ici confirmées dans la pratique : on observe une hausse du cours de l’EUR/USD après le signal d’achat, et une baisse du cours après le signal de vente !

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Les avantages et les limites de l’utilisation du MACD sont relativement similaires à ceux des moyennes mobiles. Ces indicateurs constituent en soi des indicateurs « retardés » car les signaux d’achat et de vente peuvent n’apparaître que tardivement. En effet, sur le graphique précédent, le signal de vente apparaît légèrement après que le cours de l’EUR/USD commence à se déprécier.

LE MOMENTUM

Le Momentum est un indicateur utilisé pour mesurer la vitesse de variation d’un cours dans un intervalle de temps défini. Cet indicateur se présente sous la forme d’un ratio comparant le cours de clôture d’un cross aujourd’hui à celui d’il y a n périodes. Ainsi, plus les fluctuations de cours sont grandes, plus les fluctuations du Momentum sont importantes. Si les périodes prises en compte par le Momentum peuvent varier de 1 à 200 jours, les périodes les plus utilisées restent les Momentums à 12 jours et à 25 jours. Celui à 12 jours est d’ailleurs considéré comme un indicateur particulièrement pertinent dans l’analyse des zones de surachats/surventes à court et moyen terme. On considère que plus le Momentum est élevé, plus le cross est suracheté, et inversement lorsque le Momentum est bas. On peut donc se servir également du Momentum comme d’un outil permettant de signaler les moments propices à l’achat (lorsque le Momentum marque un pic vers le bas puis se retourne) ou à la vente (pic vers le haut et retournement). Cependant, lorsqu’un pic apparaît, il est fortement conseillé de ne prendre des positions qu’après confirmation de la hausse ou de la baisse. Le graphique ci-après est composé de la façon suivante :
  • La partie supérieure correspond à la courbe du cours du GBP/AUD en périodicité une heure.
  • La partie inférieure représente la courbe du Momentum 12 jours de ce même cross de devises.

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On observe que les variations du Momentum sont légèrement en avance par rapport aux variations du cross GBP/AUD, ce qui fait du Momentum un indicateur avancé puisqu’il permet d’anticiper des retournements de tendance. Il ne s’agit donc pas d’acheter ou de vendre dès qu’un signal apparaît mais d’être très attentif à l’évolution du marché et de scruter un éventuel retournement de marché. Il est donc conseillé d’attendre que ce mouvement se confirme avant d’ouvrir ou de clôturer une position.

LE RATE OF CHANGE (ROC)

L’analyse du ROC est en tous points identique à celle du Momentum, à cela près que si le Momentum se présente sous forme de ratio, le ROC se présente soit sous forme de points (il s’agit dans ce cas de mesurer simplement la différence entre le cours de clôture du jour et le cours de clôture d’il y a n périodes), soit sous forme de pourcentage. Pour comprendre le mode de fonctionnement et l’utilisation optimale du ROC, il vous suffit de vous référer à ce qui a été dit sur le Momentum. Comme vous pouvez le constater ci-après, le graphique du ROC se présente sous une forme identique à celui du Momentum. Les remarques énoncées ci-dessus après analyse du Momentum sont également pertinente pour l’étude du graphique du ROC. Ici, le cours étudié est identique à celui du graphique précédent, c’est-à-dire le cours du GBP/AUD avec une périodicité d’une heure, et le ROC est à 12 jours.

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LE RELATIVE STRENGTH INDEX (RSI)

Le RSI est un indicateur très populaire qui permet de suivre l’évolution du cours d’un cross. Cet indicateur prend en compte les moyennes des variations baissières et les moyennes des variations haussières des n dernières périodes, afin de générer un oscillateur de suivi de prix qui s’échelonne entre 0 et 100. Les RSI les plus pertinents sont les RSI à 9 jours, 14 jours et 15 jours. Il est fortement déconseillé de se servir du RSI pour des périodes plus courtes car cela rend cet indicateur très volatile et donne de faux signaux. La principale utilisation du RSI réside dans l’identification d’éventuelles « divergences » à venir (il est en cela un indicateur avancé). Une divergence est une décorrélation entre la tendance du cours et celle d’un indicateur associé. Un tel phénomène est généralement annonciateur d’un retournement imminent du marché, il est donc important de savoir l’identifier ! Avec le RSI, on considère que les divergences se produisent quand les prix effectuent un nouveau haut (ou bas) qui n’est pas confirmé par un nouveau haut (ou bas) sur le RSI. En plus de l’identification des divergences à venir, le RSI a d’autres applications :
  • si le RSI forme un pic au-dessus de 70 (ou un creux au-dessous de 30), il est très probable que le cours du cross en question se déprécie fortement (ou s’apprécie fortement) par la suite.
  • quand le RSI se retourne et dépasse un récent pic ou tombe plus bas qu’un récent creux, cela indique généralement une cassure prochaine (le cours du cross va sortir du tunnel support/résistance). On parle alors de failure swings.
Le graphique ci-dessous se divise, tout comme les graphiques vus précédemment, en deux parties :
  • La partie supérieure représente le cours du cross (ici l’AUD/CAD 30 minutes).
  • La partie inférieure correspond à la courbe du RSI (ici, le RSI à 14 jours).

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On remarque l’existence de deux lignes horizontales sur la courbe du RSI. Celles-ci, situées aux valeurs de 70 et 30, marquent les seuils dont nous avons parlés plus haut. Ainsi, on remarque sur ce graphique que :
  • lorsque le RSI marque un pic au dessus de 70, le cours de l’AUD/CAD connaît une tendance baissière par la suite,
  • lorsque le RSI marque un creux au dessous de 30, le cours du cross tend à croître peu après.

LES BANDES DE BOLLINGER

Le principe de base des bandes de Bollinger est de considérer que les prix évoluent entre des « bandes » qui correspondent à des moyennes mobiles. On choisit en général la moyenne mobile exponentielle à 20 jours, qui constituera la « bande centrale », la « bande du dessus » sera calculée en ajoutant à la bande du milieu un certain écart-type, et la « bande du dessous » sera, quant à elle, calculée en soustrayant ce même écart-type à la bande du milieu L’écart type étant une mesure de la volatilité d’un cours, cela signifie que :
  • Plus les bandes sont rapprochées, plus la volatilité du cours étudié est faible et donc que les prix sont contenus.
  • Plus les bandes sont écartées, plus la volatilité est forte et les prix fluctuent de façon importante.
En général, après une contraction des bandes due à une baisse de la volatilité, les cours ont tendance à varier brusquement. Ce phénomène est particulièrement remarquable sur le graphique suivant qui représente le cours de l’EUR/USD en périodicité 1 heure avec une base de 20 jours et un écart type de 2 pour le calcul des bandes de Bollinger. L’utilisation des bandes de Bollinger permet également d’anticiper des variations futures des prix. En effet, on considère que lorsqu’un cours atteint la bande inférieure (ou supérieure), il est très probable qu’il atteigne la bande supérieure (ou inférieure) par la suite.
  • Lorsque les cours atteignent les bandes extrêmes, cela constitue de bons signaux d’achat/vente.
  • Lorsque les cours dépassent ces bandes de façon significative, il s’agit d’un signal de poursuite de la tendance en cours.
  • Lorsque des creux ou des sommets apparaissent à l’extérieur des bandes, suivi de creux ou de sommets à l’intérieur des bandes, c’est un signe d’un prochain retournement de tendance.

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À noter cependant que les bandes de Bollinger ne donnent pas d’indication réellement fiable si elles ne sont pas utilisées en complément d’autres indicateurs.

LE COMMODITY CHANNEL INDEX (CCI)

Le CCI est un indicateur avancé permettant de déterminer à l’avance les divergences et les éventuelles zones de surachat/survente. Le procédé de calcul du CCI étant relativement complexe, nous allons ici nous concentrer sur l’interprétation des variations du CCI par rapport aux variations des prix. De façon simplifiée, on peut considérer que le CCI mesure la variation du cours d’un cross autour de sa moyenne statistique des n dernières périodes. Il s’agit d’un oscillateur dont les valeurs varient généralement entre – 200 et + 200. L’interprétation du CCI peut donc se résumer en deux points principaux :
  • Lorsque le CCI marque des pics à des valeurs hautes (supérieures à 200), alors les cours sont anormalement élevés et nous sommes en zone de surachat (il devient donc intéressant de vendre), et vice versa lorsque le CCI atteint des valeurs basses (inférieures à -200).
  • Le CCI annonce une divergence lorsqu’il ne parvient pas à franchir ses hauts (ou ses bas) précédents alors que les cours atteignent eux de nouveaux hauts (ou bas).

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Sur le graphique précédent, la partie supérieure correspond au cours du CAD/CHF en quotidien et la partie inférieure au CCI 10 jours. À droite de la courbe du CCI vous pouvez remarquer l’échelle correspondante à cet indicateur, allant de -220 à + 200. Les interprétations du CCI sont ici confirmées : dès que le CCI marque un pic au-dessus de la valeur + 200, alors le cours du CAD/CHF se déprécie par la suite, et inversement lorsque le CCI marque un creux au-dessous de -200. Une fois encore, le CCI étant un indicateur avancé, il est conseillé d’attendre que le marché confirme les tendances annoncées par le CCI avant de prendre une quelconque position.

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