Fri, 23 Mar 2012 13:00:00 +0000

Retour des pressions baissières après de mauvais chiffres macro-économiques

 

Marchés actions:

Cette semaine, la tendance des marchés a été  baissière et unidirectionnelle, à l'opposé de la semaine précédente. L'actualité macro-économique se faisant plus discrète, les marchés ont multiplié les prises de profits et se sont attardés avant tout sur les mauvaises nouvelles en provenance d'Europe. Le ralentissement confirmé de la Chine a également déçu les opérateurs qui ont effectué des mouvements de prudence sur les principales places boursières mondiales.


En Europe, les pressions sur plusieurs pays de la zone se sont maintenues malgré l'absence d'évènement macro-économique marquant. D'abord en Grèce, même si le pays ne mobilise plus toute l'attention des marchés, il fait toujours face à de multiples difficultés. Ainsi, la Troïka craint que les autorités grecques ne soient pas capables de gérer les réformes nécessaires afin de maintenir la dette du pays sur une trajectoire « viable ». Tout retard dans la mise en place de ces reformes entraînerait le ralentissement de la reprise économique du pays. La trajectoire de la dette est donc très sensible aux retards dans la mise en place des reformes, retards qui sont eux-mêmes sensibles aux réactions du peuple grec vis-à-vis de la politique du pays. Cependant, la Grèce n'est pas le seul pays à rencontrer des difficultés.  L'Italie et l'Espagne, bien que discrets, peinent à reprendre en main leur économie. Cette semaine, Mario Monti a mené des négociations avec plusieurs syndicats afin de réformer des lois sur le travail. En Espagne, les taux d'intérêts à 10 ans et le prix des CDS à 5 ans remontent en flèche parce que le pays ne mets pas en place de réformes concrètes. Ainsi, la « Spanish Labor Law » ne peut être considérée comme une réforme réelle mais plutôt comme une manœuvre politique quand on sait que 40% de la population active espagnole n'a accès qu'à des emplois temporaires. En résumé, le pays pourrait très bientôt se retrouver dans le viseur des marchés si le gouvernement n'affiche pas de meilleurs résultats. Les semaines passées, l'Espagne avait déjà appelé l'Union Européenne à faire preuve d'indulgence quand les objectifs de déficits du pays n'ont pas été respectés.


Enfin, macro-économiquement parlant, l'Union Européenne montre finalement des signes de ralentissement en février. Les indices PMI des grandes économies de la zone ont dévoilé que l'activité manufacturière se contractait. Même l'Allemagne, qui apparaissait si peu touchée par la crise, a vu son activité baisser. Pourtant, tout n'est pas noir en Europe. Si le vieux continent rencontre des difficultés en début d'année, les perspectives pour l'année 2012 ne sont pas si mauvaises : hier, le gouvernement français a relevé la croissance de l'année 2012 de 0,5% à 0,7%. Les politiques de rigueur vont peser sur l'Eurozone, mais permettre dans le même temps une stabilisation de l'économie et une baisse des tensions. Par ailleurs, les volumes sur les marchés sont légèrement redescendus, et les prises de profits ont été nombreuses après les hausses successives des dernières semaines. Une correction était donc à attendre. Sur la semaine, le CAC40 recule de 3,70%, le DAX30 de 2,58% et l'Euro Stoxx 50 de 3,41. Le Footsie 100 affiche les meilleures performances en ne perdant que de 1,93%.


Outre-Atlantique, les indices ont bien résisté aux mauvaises nouvelles européennes, notamment grâce à Apple. L'entreprise, qui possède une trésorerie avoisinant les 96 milliards de dollars a annoncé vouloir verser des dividendes pour ses actionnaires et racheter jusqu'à 10 milliards d'actions. L'annonce a été bien accueillie des investisseurs puisque le titre gagnait 2,37% à la clôture des marchés européens. Le directeur financier d'Apple, Peter Oppenheimer, a annoncé que l'entreprise était extrêmement confiante dans sa stratégie et continuerait de payer des dividendes, jusqu'à 45 milliards sur 3 ans. Si Apple tient ses promesses, la firme deviendra l'un des principaux payeurs de dividendes aux Etats-Unis. Par ailleurs, les indicateurs macro-économiques ont confirmé la tendance des dernières semaines : le marché de l'emploi continue de se redresser à un rythme soutenu : les nouvelles demandes d'allocations-chômage ressortent cette semaine à 348 000 nouvelles demandes tandis que les indicateurs avancés ressortent à 0,6%. Ainsi, en variation hebdomadaire, le Nasdaq Composite avance de 0,23% tandis que le Dow Jones et le S&P500 reculent respectivement de 1,56% et 0,70%.


Enfin du côté des pays émergents, les indices n'ont pas échappé à une correction même si le Nikkei225 a mieux performé que le Hang Seng. Au Japon, l'excédent commercial est ressorti plus haut que les attentes des analystes, confirmant la solidité du rebond de la troisième économie mondiale. Le stimulus monétaire de la BoJ effectué le 14 février dernier a rendu les exportations plus compétitives pour les entreprises comme Sony. Le gouvernement a prétendu que l'économie japonaise se reprenait lentement après les dégâts du tremblement de terre et que le rebond des exportations sera sûrement durable.


 En Chine, l'enjeu de la semaine a été de savoir si la croissance de l'économie chinoise se poursuivra dans les prochains mois. Le gouvernement a clairement les outils pour contrer un ralentissement possible de l'économie en assouplissant sa politique monétaire ou en favorisant certaines industries. La question de la croissance est capitale dans ce pays qualifié « d'émergent ». La Chine cesse peu à peu d'être un pays « à bas coût de main d'œuvre » et Pékin doit passer d'un modèle d'exportation à un modèle de consommation intérieure, plus proche de celui des Etats-Unis. Ces changements sont extrêmement durs, d'autant plus que la population enrichie demande de plus en plus l'établissement d'une démocratie. Une croissance de 7% minimum est nécessaire pour générer assez de richesses pour faire taire les revendications sociales. Les réformes essentielles du pays (mise en place de caisses de santé, de retraites combinées à l'accroissement de la productivité) imposent donc des révisions terribles au gouvernement resté archaïque. Ainsi, les places boursières ont tremblé quand l'indice PMI chinois s'est contracté pour le deuxième mois consécutif, nouvelle qui a été compensée par la spéculation des investisseurs sur les futures mesures du gouvernement. La bulle dans le marché de l'immobilier chinois est le plus gros risque que le pays ait à affronter à l'heure actuelle. Ainsi, sur la semaine, le Hang Seng perd 3,04% tandis que le Nikkei225 ne recule que de 1,10%.

Forex:

Sur le marché des devises, l'euro s'est apprécié face à sa principale devise de contrepartie à la faveur d'une semaine pauvre en actualité macro-économique. Le ralentissement de l'activité chinoise a joué un rôle majeur sur l'évolution des cross de devises cette semaine.
Sur le front de l'euro, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a affirmé que l'économie mondiale montrait des signes de rétablissements et particulièrement au sein de la zone euro. Néanmoins, les investisseurs restent sur leurs gardes alors que certains indicateurs de la zone euro attestent d'une économie toujours fragile. Pour rappel, le déficit commercial de la zone euro est ressorti dans le rouge à 7,6 milliards d'euro pour le mois de janvier alors que son commerce extérieur affichait un excèdent de 9,1 milliards d'euros le mois précédent. Les avancées en Grèce, comme le feu vert du Fond Monétaire International (FMI) pour un nouveau plan d'aide au pays, contribuent également à renforcer la confiance des investisseurs sur les marchés des devises. En témoigne la réussite de l'émission de bons du Trésor à trois mois de la Grèce et le succès du premier versement de 7,5 milliards d'euros au pays.


Outre-Atlantique, le président de la Réserve fédérale américaine, a rappelé que la banque centrale n'hésiterait pas à intervenir en cas de nouvelle dégradation de la conjoncture européenne. Du côté des statistiques, le nombre de mises en chantier est ressorti en baisse pour le mois de février aux Etats-Unis tandis que les permis de construire s'affichent à un plus haut depuis octobre 2008. Les nouvelles demandes d'allocations-chômage sont ressorties à 347 000 nouvelles demandes contre 351 000 la semaine précédente, confirmant la reprise du marché de l'emploi aux Etats-Unis.
L'actualité  de la semaine s'est également tournée autour de l'économie chinoise. En effet, L'activité manufacturière en Chine s'est contractée en mars, chutant à un plus bas niveau en quatre mois, selon un indice provisoire publié jeudi par la banque HSBC, qui confirme un ralentissement de la croissance dans la deuxième économie mondiale. Les cambistes savent toutefois que le gouvernement chinois a les outils pour contrer un ralentissement de l'économie en assouplissant sa politique monétaire.


L'EUR/USD prend près de 0,50% en rythme hebdomadaire et s'échange autour des 1,3230$. La devise des dix-sept se reprend légèrement en cette fin de semaine après avoir touché $1.3145 ce jeudi. La monnaie unique s'apprécie également face à la livre sterling et se négocie autour des 0,8357£ contre 0,8314£ lundi matin. Enfin, la devise nippone se reprend face à ses principales contreparties dont l'euro et le dollar. Ainsi, la paire USD/JPY se traite autour des 82,45 yens contre 83,28 yens la semaine dernière et la paire EUR/JPY aux alentours des 109,06 yens contre 109.26 vendredi dernier.

Matières Premières :


Au chapitre des matières premières, le métal jaune chute de 0.36% en rythme hebdomadaire et se traite autour des 1 653$ l'once. Même tendance pour l'argent-métal qui perd 2.50% sur la semaine à 31.67$ l'once. Les métaux précieux décrochent à la suite du discours du président de la FED qui a annoncé qu'il n'hésiterait pas à relancer une politique accommodante en cas de dégradation de la situation économique mondiale. D'autre part, les difficultés économiques de la Chine et des pays émergeants, principaux acheteurs d'or au cours de l'année 2011 soutiennent de moins en moins le métal jaune.
 
Les tensions diplomatiques liées au programme nucléaire iranien ne perturberont probablement pas l'approvisionnement du marché mondial en pétrole, a déclaré vendredi la directrice exécutive de l'Agence internationale de l'Energie (AIE). Maria van der Hoeven a ajouté qu'il n'était pas nécessaire dans l'immédiat de puiser dans les réserves stratégiques. Sur la semaine,  à New York, le Light Sweet Crude est en recul de 1,13% à 105,86% et à Londres, le Brent de la mer du Nord perd 1,80% à 123,88$ le baril.

Annonces:

Heure Pays Statistiques/événements
Indicateur Période Prévision Précédent Pertinence
Lundi 26 mars 2012
11h00 IFO - Climat dans les affaires Mars 109.7 109.6 5
11h00 IFO - Estimation actuelle Mars 117.0 117.5 5
11h00 IFO - Prévisions Mars 102.8 102.3 4
14h30 Chicago Fed Indice Activité nationale Février 0.22 3
16h00 Reventes logements en cours (GM) Février 0.9% 2.0% 4
16h30 Activité manufacturière Fed Dallas Mars 16.0 17.8 4
Mardi 27 mars 2012
08h00 Indicateur de consommation UBS Février 0.92 3
09h00 Sondage Confiance Consommateurs GFK Avril 6.1 6.0 3
15h00 S&P/Case Shiller 20 villes (GM) Janvier -0.30% -0.50% 4
16h00 Confiance du consommateur Mars 70.4 70.8 5
16h00 Indice manufacturier Fed de Richmond Mars 18 20 4
Mercredi 28 mars 2012
07h30 Produit Intérieur Brut (GT) Q4 0.2% 0.2% 5
10h00 M3 Zone Euro (GA) Février 2.5% 2.5% 5
10h30 PIB (GT) Q4 -0.2% -0.2% 5
14h00 Indice des Prix à la Consommation (GM) Mars 0.3% 0.7% 4
14h30 Commandes de biens durables Février 2.9% -4.0% 5
Jeudi 29 mars 2012
01h50 Commerce de détail (GM) Février -0.2% 4.1% 3
09h55 Variation du chômage (milliers) Mars -10K 0K 5
09h55 Taux de chômage Mars 6.8% 6.8% 4
10h30 Prêts immobiliers approuvés Février 59.0K 58.7K 4
11h00 Indicateur climat dans les affaires Mars -0.14 -0.18 3
11h00 Confiance consommateurs Zone Euro Mars -19.0 5
14h30 PIB (GT) Q4 3.0% 3.0% 5
14h30 Consommation personnelle Q4 2.1% 2.1% 4
14h30 Indice des prix du PIB Q4 0.9% 0.9% 4
14h30 Consommation de base des ménages (GT) Q4 1.3% 1.3% 4
14h30 Nouvelles Demandes d'allocations-chômage 24 Mars 348K 5
Vendredi 30 mars 2012
01h00 Sondage Confiance Consommateurs GFK Mars -29 -29 4
01h30 Taux Chômage Février 4.6% 4.6% 5
01h30 Ratio Emplois/Demandeurs Février 0.74 0.73 4
01h30 Indice des prix à la consommation Tokyo hors alimentation/énergie (GA) Mars -1.0% -1.1% 5
01h50 Production industrielle (GM) Février 1.3% 1.9% 5
09h00 KOF Swiss Indicateur avancé Mars 0.10 -0.12 5
11h00 Estimation IPC Zone Euro (GA) Mars 2.5% 2.7% 5
14h30 Produit intérieur brut (GM) Janvier 0.1% 0.4% 5
14h30 Revenu personnel Février 0.4% 0.3% 5
14h30 Consommation des ménages Février 0.5% 0.2% 5
15h45 Directeurs d'achat de Chicago Mars 63 64 4
15h55 Indice de Confiance de l'Université du Michigan Mars 75.0 74.3 5
Degré de pertinence pour les marchés :
5 Très forte 4 Forte/Moyenne à Forte 3 Moyenne